07 mars 2007
Gaden Chang Chub Chöling : le bouddhisme tibétain à Montréal
Article paru dans le numéro de mars du magazine Bouddhisme Actualités
Des prières résonnent encore du temple bouddhiste tibétain du sud-ouest de Montréal, Gaden Chang Chub Chöling, à l’heure où je dois rencontrer un de ses occupants, Lobsang Tashi. Ce moine accueillant vit au temple où il est l’assistant et le traducteur de Zawa Tulku Rinpoche, la réincarnation d’un lama hautement réalisé. Alors que les personnes présentes à la cérémonie finissent de discuter autour de nous, Lobsang Tashi, quelque peu distrait par le brouhaha, fait de son mieux pour me parler des activités, de l’organisation du temple et de l’importance de partager les enseignements du Bouddha.
. Q : Comment parvenez-vous à faire connaître l’existence de votre temple ?
R : Tout d’abord grâce à certaines activités qui sont organisées dans la ville, comme des manifestations dans des parcs. Il arrive qu’on nous demande de venir réaliser un mandala à cette occasion. Au cours de leur promenade, les gens s’arrêtent pour voir ce que nous faisons, et ainsi nous engageons une discussion. Ils posent des questions sur le temple et ils finissent par noter notre adresse. Cela se produit aussi dans des salons des arts à Montréal où nous dessinons des mandalas de sable.
Enfin, notre site internet est aussi très utile pour que les gens viennent nous voir.
Q : Comptez-vous développer votre site internet dans cette optique ?
R : Oui, nous changeons les informations du site régulièrement. C’est aussi le seul moyen qu’ont les personnes handicapées physiques ou mentales pour connaître le temple et nos activités. Nous aimerions y mettre plus de vidéos d’enseignements pour ces personnes. Parfois, elle me téléphone et j’essaie de discuter avec elles, de leur parler des enseignements qui pourrait les aider, à propos de ce que chacun peut faire lorsqu’il est souffrant.
Q : Pouvez-vous nous dire quelques mots sur la création du temple ?
R : Notre temple est le plus vieux de Montréal. Il a été créé à la fin des années 70 par notre maître Geshe Khenrab Gajam Rinpoche qui est décédé en 1993. Geshe Khenrab Gajam a ouvert ce temple pour les Tibétains qui étaient déjà installés à Montréal et qui souhaitaient avoir un lieu de culte. Maintenant, l’abbé de notre temple est Geshe Tsultrim Tenzin Rinpoche. Notre but est de servir autrui à travers les idées du bouddhisme. Ce temple est comme une maison pour tout ceux qui veulent y venir, pas uniquement pour prier, mais aussi pour partager les enseignements du Bouddha, pour apprendre aux gens à développer leur intuition.
Q : Comment arrivez-vous à l’entretenir ?
R : Notre problématique majeure est de faire connaître le temple aux gens. Ceux y qui viennent souvent peuvent faire des propositions par rapport à l’entretien de ce lieu. Nous respectons et écoutons les idées de tous, mais notre décision finale est guidée par la logique, la raison et la loi canadienne ! Nos fonds viennent des donations de chacun.
Q : Est-ce que vous comptez le développer en l’agrandissant ou en acceptant plus de moines résidents ?
R : Si c’était possible, nous aimerions qu’il y ait un temple dans chaque quartier de la ville ! Agrandir le temple ou accepter plus de moines seraient de bonnes choses bien sûr, mais le plus important pour nous est de partager les enseignements bouddhistes.
Q : Quels liens entretenez-vous avec les autres centres bouddhistes de Montréal ?
R : Nous avons de très bonnes relations. Il arrive qu’ils nous invitent pour que nous discutions.
Q : Quelles sont les activités que vous organisez au temple ?
R : Il y a plusieurs activités. Lorsque des gens viennent à l’improviste, ils peuvent s’installer dans le temple et méditer, puis nous discutons de philosophie bouddhiste. A part cela, nous organisons des discussions sur le Dharma, Zawa Tulku Rinpoche donne des enseignements et moi des cours de tibétain. Si nos étudiants s’intéressent à la philosophie, ils comprennent mieux les textes s’ils en connaissent la langue. Cela les amène à une dimension supérieure de compréhension.
Q : Zawa Tulku Rinpoche donne un enseignement sur le Lam Rim tous les samedis matins. Pourquoi avoir choisi celui-là ?
R : Le Lam Rim est parfaitement adapté à la vie active que chacun mène en ville car il faut des années d’études pour bien comprendre le bouddhisme. Ici, les gens n’ont pas le temps pour cela. Cet enseignement est court et il est très simple à comprendre. Il explique bien le but du Dharma, ainsi il est très utile à tout le monde.
Q : Est-ce que vous avez prévu des évènements spéciaux dans l’année à venir ?
R : Nous faisons des initiations ce qui est toujours un moment très important. Ces initiations sont basées sur la concentration et la visualisation. De grands maîtres bouddhistes d’Inde, d’Europe ou d’Amérique du Nord viennent souvent donner des enseignements ici. Nous avons aussi prévu de faire un voyage en Inde avec les membres du temple. Nous aimerions leur montrer les lieux sacrés de ce pays, comme Bodhgaya, et ensuite aller au Rajasthan ou au Népal.
Q : Y a-t-il des évènements liés au Tibet et à sa culture organisés au niveau de la ville ? Si non, qu’aimeriez-vous voir organisé ?
R : Non, malheureusement il n’y en a pas. Je ne sais pas pourquoi. Nous aimerions organiser des rencontres, des méditations. Il serait bon de montrer les pratiques sacrées à la nouvelle génération. Notre message principal est de répandre l’amour et la compassion.
Q : Qu’en est-il de la communauté tibétaine : est-elle nombreuse à Montréal ?
R : La communauté tibétaine compte environ 100 ou 200 membres à Montréal.
Q : Pour quelles raisons choisissent-ils le Canada et Montréal ?
R : De par la situation du Tibet et de son peuple, les tibétains n’ont nulle part où aller en particulier. Nous sommes tous en exil. Je pense qu’ils viennent ici car ils ont l’opportunité de commencer une nouvelle vie. Mais je ne sais pas ce qui les pousse à choisir Montréal précisément.
Q : Alors pouvez-vous expliquer pourquoi vous êtes venu ici ?
R : Je suis venu ici pour aider à développer le temple. Je suis né en Inde et je vivais dans le monastère de Ganden Jangtse dans le sud avant d’arriver ici. Mon maître et Geshe Khenrab Gajam, qui a créé ce temple, vivaient dans le même monastère en Inde. Ensuite, j’ai voyagé en Europe. Je suis allé en Italie, en Suisse et en Autriche. Puis, on m’a demandé de venir à Montréal pour enseigner le bouddhisme. J’ai appris le français ici pour pouvoir parler avec les gens.
Q : Y a-t-il beaucoup d’occidentaux qui viennent au temple et qui participent aux activités ?
R : La plupart des occidentaux sont des québécois. Cela dit, il y a aussi des africains et des européens. L’affluence de gens dépend des jours. Tout le monde travaille et les membres du temple n’ont pas toujours le temps de venir. Chaque classe d’enseignements compte environ 15 ou 20 élèves. Il peut y avoir 50 ou 100 personnes lorsque nous organisons des cérémonies spéciales.
Q : Ressentez-vous le fait que le bouddhisme soit de plus en plus à la mode à Montréal même ?
R : Je suis toujours au temple, je ne peux donc pas juger de ce qui se passe autre part.
Mais c’est vrai qu’il y a toujours de nouvelles personnes qui arrivent. Elle ne reviennent pas forcément longtemps : les gens vont et viennent.
Q : Que pensez-vous de ce phénomène ? Est-ce qu’il est favorable à la sauvegarde du bouddhisme tibétain ?
R : Vous savez, les gens font comme dans un centre commercial par rapport au bouddhisme : on n’achète jamais tout dans un magasin, mais seulement ce dont nous avons besoin. Ainsi, les gens prennent ce qui est bon pour eux dans le bouddhisme. Ce qui nous importe, c’est que les enseignements continuent d’être pratiqués.
Q : Justement quelles pratiques conseillez-vous à des débutants qui voudraient se familiariser avec le bouddhisme ?
R : Tout d’abord, il faut que quelqu’un leur explique le but et les principes du Dharma et qu’ils le comprennent bien. Par exemple, si l’on ne peut pas aider les autres, on doit au moins éviter de les faire souffrir. Ensuite, ils peuvent apprendre les différentes techniques de méditation pour qu’ils parviennent à se concentrer uniquement sur leurs pensées positives.
Q : Selon vous, en quoi la méditation ou la récitation d’un mantra peuvent changer une personne ?
R : La méditation aide beaucoup les gens car elle leur permet de devenir plus calme. De cette manière, elle les transforme. Les mantras, eux, amènent de l’énergie positive comme ils l’ont toujours fait, depuis l’existence du Bouddha jusqu’à aujourd’hui.
Q : Merci beaucoup de m’avoir accorder de votre temps.
R : Merci à vous.
Pour plus d’informations :
Site internet : www.khenrab.org
03 mars 2007
Chronique du nouveau disque d'Andrew Rodriguez
Andrew Rodriguez - Here comes the light

Je n’y croyais plus. Mais here comes the light ! Six ans après son dernier album, Andrew Rodriguez sort enfin un nouvel effort ! Mais qui est donc ce jeune homme ?
Andrew a débarqué sur la scène canadienne avec son groupe Bodega à la fin des années 1990. Leur premier album « Bring yourself up » a été si bien accueilli qu’ils ont été gratifiés d’une nomination aux Juno Awards (équivalent de nos victoires de la musique au Canada) dans la catégorie meilleur album de musique alternative.
Pourtant, le batteur et la bassiste décident de quitter le groupe et Andrew se retrouve obligé de monter une autre formation.
Bodega de nouveau sur pied, le futur s’annonce radieux avec un deuxième cd produit par Dave Fridmann (Mogwai, Flaming Lips) : « Without a plan » est acclamé par la critique en 2001.
Le groupe se dissout encore et Andrew profite d’une pause pour prêter sa voix à d’autres musiciens tels que Sam Roberts. Puis il accepte la proposition de son amie d’enfance, Melissa Auf der Maur, qui lui demande d’être son guitariste lors de la tournée qui marque la sortie de son album solo.
De retour à Toronto, Andrew finit de concocter « Here comes the light » sorti le 13 février au Canada.
L’album vous emmène dans une promenade pop psyché où l’on croise les Beatles, Neil Young ou Syd Matters au détour d’un couplet.
Que ce soit lors de la ballade inspirée What I done ou du quasi-dansant Dreaming of it, les airs qui vous restent dans la tête pendant des jours ne manquent pas.
Andrew Rodriguez a invité nombres de ses amis sur ce nouveau LP, ce qui donne des arrangements riches, forts du talent de multi-instrumentiste de son auteur et de ses camarades. On retrouve entre autres la musicienne canadienne Angela Desveaux et son joli timbre en duo sur Come on in.
Pour ce qui est du reste, la voix aigu-douce de Rodriguez se greffe, un brin nonchalante, sur les mélodies charmantes. Toutefois, elle sait aussi se faire violence comme sur la chanson « révélation » Here comes the light. Celle-ci donne le ton des textes du disque : une grande bouffée d’optimisme !
Ce cd semble être celui d’un homme heureux qui est parvenu à trouver sa place dans la vie et a qui envie de le partager. Comment trouver meilleur antidépresseur ?
Ainsi, il vous invite à oublier vos chagrins d’amour (Warm hearts on ice), à être plus attentionné envers autrui (Only Human) ou à vous rappeler des bons moments de votre enfance (Good bad kids).
On pourrait penser que le parolier fait preuve d’une candeur excessive. Mais des morceaux comme The man who never knows ou Breakfast nous détrompent et la lucidité de Here comes the light: « You may think me so naïve for the simple things that I believe / But I’d stake it all on this song / I could be wrong » finit de nous rassurer.
Malheureusement, ce magnifique troisième album, tout comme les deux premiers, ne sont pas (encore) distribués en France et son auteur reste en quête d’un label européen.
Cependant, ceux qui seront « tombés en amour » avec les morceaux disponibles sur www.myspace.com/rodriguezrocks peuvent se procurer le disque sur le site amazon.ca à un prix raisonnable (si on n’omet pas de convertir les dollars canadiens en euros !) ou envoyer un message pour plus d’infos sur le myspace.
Les mannequins et l’anorexie : une polémique qui prend du poids
Article pour le cours d'analyse d'actualité
A l’heure où la chaîne de télévision TQS vient de lancer l’émission de télé réalité Portfolio pour trouver le prochain top model québécois, les mannequins se retrouvent au centre d’une polémique qui ne cesse de croître. Depuis environ six mois, ces demoiselles taille XXS sont placées sur le banc des accusés car on leur reproche d’être à l’origine des troubles alimentaires des nouvelles générations. En effet, les jeunes filles deviendraient anorexiques ou boulimiques car elles voudraient ressembler aux icônes des maisons de couture, qui seraient elles-mêmes atteintes de ces problèmes.
La première sentence, prononcée à Madrid en septembre 2006, a créé un électrochoc dans le monde de la mode : cinq mannequins dont l’Indice de Masse Corporel (IMC) étaient inférieurs à 18 ont été exclus des défilés madrilènes sans autre forme de procès. De surcroît, la capitale espagnole a choisi de conserver cette nouvelle règle pour les défiles de février.
Cette décision semblait être la conséquence directe du décès d’une jeune mannequin uruguayenne un mois plus tôt, ainsi que des déclarations du top model Heidi Klum au début de l’année dernière. Alors qu’elle était juré pour l’émission « Germany’s next top model », elle avait expliqué à des candidates déjà très minces qu’elles devaient encore perdre du poids. Une pluie de reproches s’était alors abattu sur elle et plusieurs médias, dont le quotidien allemand Bild, l’avaient condamné pour apologie de l’anorexie.
Pourtant, c’est vraisemblablement la mort du top model, Ana Carolina Reston, qui a créé la plus vive secousse médiatique et qui a placé cette polémique au centre des débats. La brésilienne de 21 ans est décédée en novembre dernier des suites de son anorexie. Avec ses 1,74 m pour 40 kilos, « elle n’avait plus aucune résistance et les médicaments ne faisaient plus d’effets en raison de son extrême faiblesse », a expliqué sa tante.
Depuis lors, les organisations des semaines de la mode à travers le monde se sont sentis obligées de réagir, y allant chacune de leurs mesures plus ou moins sévères et efficaces. Alors qu’à Milan, les mannequins de moins de seize ans ont été interdites de défiler et que les autres devaient présenter un certificat de bonne santé, le Conseil des Créateurs de Mode d’Amérique, responsable de la « Fashion Week » de New York, s’est doté d’une liste de recommandations, comme interdire l’alcool et le tabac lors des défilés.
Ces tendances distinctes sont peut-être la preuve d’une certaine forme de laxisme ou d’un manque d’intérêt pour le problème de la part du continent américain. La semaine de la mode de Rio avait annoncé les mêmes règles que Milan et une importante campagne de sensibilisation aux troubles alimentaires, en particulier sur son site internet. Toutefois, un seul débat a été mis en place lors de cette semaine de janvier et on ne trouve aucunes traces de quelque chose qui aurait attrait à l’anorexie sur www.fashionrio.org . Pire, les photos des défilés montrent clairement que les top models sont aussi minces qu’à l’accoutumée.
Cela signifierait-il que certaines personnes ne soutiennent pas ces mesures car elles n’en voient pas l’intérêt? Les agences de mannequins, les créateurs et même certains mannequins sont de cet avis. Ils s’accordent pour dire que les filles des podiums ne sont pas anorexiques et que la mode ne constitue pas la cause des problèmes de société alimentaires.
« La mode est un art, appliqué certes, mais un art quand même. […] On n’a pas le droit de censurer quand il s’agit d’art. La mode vend du rêve, et le rêve se nourrit de l’extrême », juge Nathalie Rykiel, directrice artistique de Sonia Rykiel, dans le magazine ELLE. Selon les défenseurs des mannequins, la mode ne se réclame pas de la réalité puisqu’elle appartient au domaine artistique.
De ce fait, les créateurs revendiquent le droit d’employer des femmes dont le physique sort de l’ordinaire. Un de leurs arguments majeurs est résumé par Nathalie Rykiel dans un article de Libération : « une femme très mince porte mieux le vêtement ». Les couturiers seraient-ils des adeptes de l’art pour l’art ?
« Le principe de base, c’est d’idéaliser le vêtement pour faire baver les femmes », déclare Karl Lagerfeld, directeur artistique de Chanel, dans ELLE. Le but premier reste de vendre et de marquer les esprits. Pour cela, les créateurs veulent une image qui choque et qui mette en valeur leur maison de couture. Ainsi, leur choix se porte généralement sur une mise en scène surréaliste qui correspond à leur esthétique. Pourtant un point commun subsiste : la jeune fille filiforme parée de leurs dernières créations phares, le tout retouché par ordinateur.
Mais comme les magnats de la mode s’accordent pour le dire : une mannequin est mince puisque c’est sa constitution naturelle. Maïda Grégory-Boïna, directrice de casting pour Calvin Klein constate dans Libération: un top model peut manger « tout ce qu’elle veut sans prendre un gramme, comme Gisele Bündchen ou Nathalia Vodianova. »
Au-delà de cette affirmation, on peut se demander comment les professionnels de la mode définissent un top model et si ces critères ont changé au fil des ans en se rapprochant de l’anorexie. Selon Maïda Grégory-Boïda, les créateurs cherchent au minimum 1,78 m, 60 cm de tour de taille et 90 de hanches. Cependant, un changement majeur est apparu : les 90 cm de tour de poitrine de la femme parfaite se sont transformés une absence totale de seins.
Pour Karl Lagerfeld, « le corps mode d’aujourd’hui, c’est une silhouette faite au moule, d’une étroitesse incroyable, avec des bras et des jambes interminables, un cou très long et une très petite tête. » L’allure des top models tend vraisemblablement à rapetisser ce que confirme la directrice de casting de Calvin Klein : « depuis que j’ai commencé ce métier, ça ne fait que rétrécir ; moi qui cherche des « new faces », je ne trouve que des squelettes dans les agences de mannequins. »
Il suffit de feuilleter une anthologie de la mode pour comprendre ce que Maïda Grégory-Boïda veut dire. Les tops models stars des années 1980 et 1990 tels Cindy Crawford ou Naomi Campbell affichaient fièrement leurs formes pulpeuses et leur réussite. Mais elles ont maintenant été remplacés par des jeunes filles dont rares sont ceux qui connaissent les noms et dont certaines se confortent dans leur état de maigreur. En effet, une des mannequins anglaises les plus connues, Lily Cole, 1,78 m pour 50 kilos, déclare : « Je ne sais pas après quoi les gens en ont, je suis très bien comme je suis. »
D’autre part, la silhouette a un rapport direct avec la nationalité des mannequins. Alors que les tops des années 90 venaient pour la majorité des Etats-Unis d’Amérique et d’Europe de l’ouest, les « petites nouvelles » sont plus souvent originaires d’Europe de l’est ou d’Asie. Karl Lagerfeld explique : « Ces nouvelles mannequins venues de l’Est ont naturellement une ossature extrêmement étroite ».
Le phénomène ne semble pas prêt de s’arrêter puisque les agences de mannequins commencent doucement à fleurir en Asie. Ce métier fait rêver de plus en plus de jeunes filles au Vietnam entre autres, car les revenus sont nettement supérieurs à la moyenne. Même si cette profession est encore mal vue, la demande est au rendez-vous et les cours de mannequinat se développent.
Une autre réalité dont les amatrices de mode sont rarement au courant réside dans l’âge des femmes des revues de mode. Il est d’ailleurs inexact de parler de femmes puisque ce sont en fait des adolescentes. « L’anorexie est une vraie question, mais qui cache un problème encore plus grave : les mannequins sont bien trop jeunes », dénonce Jean Vermeil, l’attaché de presse de Jean-Paul Gaultier.
Les « filles du moment » commencent leur carrière vers 16 ans, mais certaines précoces peuvent être âgées de 14 ans. Chantal Sellati de l’agence Marilyn décrypte le phénomène : « nos clients voulant des mannequins chaque fois nouveaux, on les cherche de plus en plus jeunes ». Ceci explique en partie pourquoi les models sont si minces : les filles de 15 ans que les créateurs essaient de faire passer pour des femmes ont un corps qui est encore en train de se former.
Les nouvelles technologies contribuent aussi à altérer la réalité. Les « webdesigners », passés maîtres dans l’art de la retouche de photographies, parviennent à faire des merveilles de perfection. De ce fait, les publicités qui recouvrent les pages des magazines et les panneaux d’affichage montrent des femmes aux dents blanches, sans aucunes rides et dotés d’un physique à faire pâlir.
Cependant, ces procédés restent encore peu connus du grand public. C’est la raison pour laquelle Dove, une grande marque de produits pour le corps, part en guerre contre ces créations informatiques. Leur site internet se veut un avertissement contre l’idéalisation de la silhouette féminine et il propose plusieurs activités pour mettre en garde les jeunes filles. Une de leurs vidéos expose même les étapes qui permettent de transformer une fille dotée d’un physique « normal » en une icône de mode sur papier glacé.
Si les acteurs du monde de la mode sont à l’origine du problème de l’image de la femme et de l’anorexie, sont-ils les seules personnes à mettre en cause ? Qu’en est-il de ceux qui retransmettent ces représentations ? La presse dite féminine couvre ses pages de photographies de top models, d’articles sur les régimes, les produits de beauté et les créations des maisons de couture : autant de modèles souvent inatteignables par la majorité des lectrices tant pour des raisons financières que physiques.
Feraient-ils partie des oubliés de ce procès contre les troubles alimentaires ? Oui et non, car, même s’ils ne publient pas leurs autocritiques dans leurs pages, d’autres médias s’en chargent. Une étude publiée dans la revue américaine Pediatrics en janvier révèle que les adolescentes qui lisent des articles sur les régimes ont deux fois plus de chances d’avoir un comportement alimentaire malsain cinq ans plus tard.
Ces résultats qui tendent à démontrer que les opinions des magazines importent aux jeunes filles ramènent à un constat troublant : les vêtements de couturiers et donc celles qui les portent doivent être idéalisés pour être vendus mais, même si on admire cette perfection physique, il ne faut pas être tenté de l’imiter. De prime abord, cela semble dépasser les limites de la logique. Jean-Baptiste Mondino pose le doigt sur un autre obstacle à la fin de la controverse dans ELLE: « Mais où est la normalité ? Voilà le vrai débat ».
02 mars 2007
L'exposition Mines d'ordures à la Tohu à Montréal
Article écrit pour l'atelier de presse écrite en cours de journalisme
« La rencontre avec les recycleurs a été l’expérience humaine la plus forte de ma vie, la plus éprouvante aussi », explique Paul-Antoine Pichard.
Ce photographe français a effectué un périple de trois ans à travers le Cambodge, l’Indonésie, les Philippines, le Sénégal, l’Inde et le Mexique à la rencontre des hommes et des femmes qui vivent dans des dépotoirs. Il en rapporte une série de photographies d’une beauté troublante qui dépeint l’horreur dans laquelle ces gens sont plongés quotidiennement. Son exposition, Mines d’ordures, est présentée à la Tohu jusqu’au 10 mars.
Au travers de cette exposition, le photographe témoigne d’abord de rencontres humaines avec des personnes qui luttent pour leur survie, perdues au milieu de tonnes d’ordures. Il met ses images en perspective grâce à des commentaires qui dévoilent une réalité terrifiante. « Il arrive que l’on découvre des fœtus humains en ouvrant un sac», rapporte-t-il.
L’artiste tente aussi de prendre le spectateur à parti en le sensibilisant au danger auxquels ces « scavengers », autrement dit nécrophages, sont confrontés. Il parle de la Kwashiorkor, une maladie due à la malnutrition, ou du meurtre d’une famille dont le père avait trouvé un sac contenant plusieurs millions de roupies. « N’oublie pas que l’on souffre ici », lui demande un homme qui travaille dans les dépotoirs.
« Cette exposition est une véritable remise en question», pense Diane Bourque, venue visitée l’exposition. « Je suis choqué qu’il y ait encore des choses comme cela de nos jours », renchérit Gilles, son coinjoint. Ils ont tous les deux étés très touché par les conditions de travail de ces gens forcés de travailler jour et nuit pour pouvoir se nourrir.
Paul-Antoine Pichard constate un des obstacles majeurs au changement : le recyclage en tout genre rapporte plus que beaucoup d’autres activités. Ainsi, des professeurs abandonnent leur vocation première pour subvenir aux besoins de leur famille dans les dépotoirs. Un de ces enseignants s’inquiète: « Si nous ne pouvons plus transmettre notre savoir aux enfants, qui le fera? ».
Ces êtres humains, en plus de boire de l’eau polluée par des toxines et de dormir sous des cartons, doivent faire face à une rude concurrence. Des photos montrent des hommes et des enfants en train de fouiller des monceaux de déchets côte à côte avec des chiens errants, quand des hordes de mouches et d’asticots n’essaient pas de s’agglutiner sur leurs trouvailles.
Les photos, qui mettent l’accent sur la lumière et sur les expressions des hommes, donnent au spectateur un sentiment paradoxal puisqu’il en vient à trouver belle la saleté et les déchets. « Les photos sont superbes et tout le monde devrait voir cette exposition », affirme Diane. Mais, aussi étonnant que cela puisse paraître, Paul-Antoine Pichard déclare ne pas avoir de méthode. « Je photographie ce qui m’interpelle », avoue-t-il.
Chronique du nouvel EP de Mansfield Tya
Mansfield Tya - Fuck
Soyons honnêtes les rééditions agrémentées un EP sont souvent une arnaque pour fans, un coup de la maison de disque pour nous faire racheter le cd avec un inédit et 5 versions live d’une pertinence douteuse. Devant une telle proposition, un choix s’impose à chacun de nous : résister et se procurer les titres d’une manière peu légale ou laisser parler son amour pour le groupe et au passage notre tendance à l’achat compulsif de disques.
On pourra dire que je suis mauvaise langue car Fuck est aussi disponible chez Wonderground Asso (plus d’infos sur manfieldtya.free.fr). Cependant, j’ai quelque réticence à envoyer un chèque dans la ville bien connue de Couëron (dans les environs de Nantes pour votre culture géographique) et d’espérer peut-être indéfiniment l’arrivée de ces nouveaux morceaux tant attendus…Cela dit, ça n’engage que moi bien sûr, mais qui n’a jamais été traumatisé par la poste, je vous le demande ?
J’en profite pour vous rappeler que June, le magnifique premier album de Mansfield Tya sorti en octobre 2005, a propulsé le groupe parmi les « révélations » du rock français avec une apparition sur la compilation Indétendances de la Fnac, un passage remarqué au festival des Inaperçus et un accueil chaleureux d’un public de plus en plus nombreux.
Les deux jeunes femmes sont maintenant en pleine préparation du second album. Cet EP marque donc un tournant entre les deux opus.
Une question fort angoissante s’impose : ce disque, comme nombre d’EPs, est-il un autre mini fourre-tout ?
Hé bien non, sans toutefois atteindre la perfection.
Il contient tout d’abord deux titres du ciné-concert de 2004 : le film de Jean Genet, Un chant d’amour, était accompagné d’une musique composée par les deux Nantaises pour l’occasion. L’instrumental qui ouvre ce cd, nommé d’après le film, est extraordinaire et d’une puissance remarquable, tout à fait caractéristique du son doux et torturé ciselé sur June. Quatre minutes à vous faire pleurer, rêver, danser, imaginer…tout sauf rester de marbre.
C’est malheureusement moins le cas pour la chanson La cour de l’est où l’on sent Mansfield Tya qui se cherche. Ce morceau très court perd probablement de son intérêt dépourvu du film.
On regrettera d’ailleurs qu’il n’y ait pas d’extraits vidéo de ce ciné-concert sur l’EP.
L’autre pièce majeure du disque est la reprise de Dominique A, En secret. Cette chanson une nouvelle fois très sombre se retrouve merveilleusement servie par la voix un brin éraillé de Julia alors que le texte tourmenté est mis en valeur par les cordes de Carla. Une perle noire.
I love you goodbye, jolie petite chanson, se rapproche d’une comptine qui rappellera de bons souvenirs à ceux qui ont vu les deux demoiselles en concert, puisqu’elle faisait souvent office de rappel.
Les titres live, voilà donc le point faible de cet EP. L’interprétation des morceaux est presque identique à celle de l’album, ce qui s’avère d’autant plus décevant que, pour avoir vu le groupe plusieurs fois en concert, les chansons y prennent la plupart du temps une dimension beaucoup plus puissante. Leur prestation magistrale d’octobre dernier à Montréal en était une preuve irréfutable. Malheureusement, ces versions sages ne rendent pas du tout justice à l’atmosphère des performances des deux jeunes femmes. On se consolera en écoutant la superbe ballade douce amère Mon amoureuse dont le texte est de toute beauté.
Malgré tout, les meilleurs morceaux de ce disque reste indispensables pour les amateurs du groupe. Les autres seraient bien avisés de se procurer June et son EP pour ne pas passer à côté d’un des groupes français les plus ensorcelants et prometteurs.
Première chronique sur www.mygmusique.com
Osheaga festival
Montreal - 2 septembre 2006

La grande cité québécoise accueille de nombreux festivals de renommée internationale tout au long de l’été. Vous avez sûrement déjà entendu parler de son festival de Jazz ou des Francofolies, n’est-ce pas ? Cette année, un petit nouveau se joint à la fête : le festival Musiques et Arts d’Osheaga.
Ils sont forts ces québécois, très forts…Voilà ce que peut vous dire la nouvelle émigrée que je suis et qui a la chance inouïe d’arriver la première année de ce festival Musiques et Arts Osheaga. On serait en mesure de s’attendre à quelques ratés dans l’organisation, bien compréhensibles lors d’un évènement encore balbutiant. Point du tout ! Nous petits français et notre chauvinisme pouvons aller nous rhabiller !
En effet je n’ai fait que d’aller de surprises en surprises : avez-vous déjà franchi l’entrée d’un festival en moins de trente secondes, vous ? Sur les lieux une petite demi-heure avant le début des hostilités, je passe les contrôles des sacs et des tickets incrédule avant d’attraper une belle brochure cartonnée rassemblant toutes les infos sur les artistes. Le parc Jean Drapeau, situé sur une île au sud de Montréal, semble avoir été fait pour accueillir ce festival. Les trois scènes sont intelligemment agencées entre pelouses, arbres et plans d’eau. On aurait presque pu voir un petit écureuil secouer la tête sur les rythmes les plus enragés de cette journée !
Pas besoin de faire des kilomètres entre les scènes : ce festival se veut à taille humaine et il ne prévoit d’accueillir que 25 000 personnes en deux jours.
De jeunes bénévoles parcourent le site avec des bouteilles d’eau, d’autres ramassent les ordures, des poubelles de recyclage sont disséminées de-ci de-là, on peut même écrire un email à sa grand-mère au café Internet ! Les animations ne sont pas en reste : le salon des arts propose une exposition de peintures et collages ainsi qu’une foule d’évènements tout au long de la journée. Ca a l’air fort sympathique tout ça me direz-vous, cela dit c’est bien loin et même inatteignable à partir de notre belle Normandie. Je vous propose donc un petit effort d’imagination pour que nous nous rendions ensemble sur l’île Sainte-Hélène en ce samedi nuageux mais sec.
Une trentaine de groupes par jour à l’affiche, ça c’est du solide. Vous parlez de la vingtaine de groupes que j’ai pu voir, ça c’est long. Soyons donc concis.
La programmation laisse une belle part à la scène locale et j’entame mon marathon musical par les Crystal Clyffs. Quelques ambiances sympathiques, du rock honnête pas franchement aidé par une chanteuse qui doit plus passer son temps à peaufiner son look de sosie de Kate Moss que son chant. Je me dirige donc vers la scène des arbres où Mission District, cinq garçons dans le vent, montre l’étendue de son ambition grâce à des compositions fort efficaces dans la veine des groupes à la mode. Bloc Party et compagnie ça doit vous évoquer quelque chose… Un peu plus loin, les frères et sœurs de Magic numbers distillent leurs chansons entraînantes ou mélancoliques à grand renfort d’harmonies vocales des plus réussies sur l’une des doubles scènes principales. Hé oui, comme je vous le disais, ils sont malins ces québécois ! Lorsqu’un groupe joue sur la scène de la rivière, l’autre se prépare à enchaîner sur la scène de la montagne…plus d’attente interminable, que du bonheur !
S’en vient Joseph Arthur qui réussit un tour de force qui m’étonnera toujours : subjuguer une foule par la beauté de ses chansons seul avec une guitare et un harmonica. Celles-ci prennent toute leur dimension en live, le final « In the Sun » en est une preuve évidente. Une trop courte demi-heure plus tard, j’aperçois Yoav sur la petite scène dont le chant plaintif me fait prendre mes jambes à mon cou. Il est trop tard pour les Hushpuppies et de toute façon, je n’ai pas traversé l’Atlantique pour finir par écouter des petits gars du Gibus ! Direction World Party, groupe recommandé par Joseph Arthur quelques minutes plus tôt. Les messieurs ont apparemment de la bouteille et leur musique mélange d’influence des années 50 et 60 avec du violon et de l’accordéon sonne délicieusement à nos oreilles. Chapeau à ce mariage réussi ! Malheureusement seuls quelques festivaliers profitent du spectacle alors que la majorité se masse devant l’autre scène pour attendre une gloire locale : Vulgaires Machins. La brochure fait l’éloge de leurs textes corrosifs : hé bien croyons-les sur parole car le son est si mauvais que je distingue à peine la langue dans laquelle il s’exprime. Les voix sont écrasées par des riffs néo-punks sans grande saveur. Je vous épargne les groupes anecdotiques qui se produisent pendant l’heure suivante.
Passons à l’un des meilleurs concerts de ce samedi : Dinosaur Jr. Pendant les trois-quarts d’heure dont ils ont disposé, les trois hommes ont envoyé un rock garage percutant entre solos jouissifs et parties chantées épatantes. Quel bonheur de voir un groupe qui n’a pas besoin d’en faire trois tonnes, de faire appel à deux stylistes avant de se pointer sur une scène et qui balance une telle énergie !
Après cette méchante claque, je prête une oreille distraite à Malajube, des petits québécois qui font sautiller les jeunes avec leurs chansons joyeuses et sympathiques. Je croise sur mon chemin The Colour vers la fin de leur set. Ce quintet de Los Angeles, qui semble tout droit sorti du film « Presque Célèbre », livre une très bonne prestation avec leurs compos très 70’s, look oblige. Je tend une oreille vers We are wolves, trois zigotos affublés d’une espèce d’œuf avec un oiseau sur le tout, totalement indescriptible. Leur rock-électro semble appréciable mais je ne peux pas résister à l’envie de découvrir Metric sur la grande scène. La blonde chanteuse mène tout ce petit monde de main de maître, tantôt blaguant avec le public, l’entraînant à danser, tantôt orientant son groupe vers la nouvelle direction musicale à prendre. Personne ne lui résiste, la foule est conquise ainsi que le rappeur K-Os qui nous avoue avoir eu un « crush ». Je ne suis pas fan de rap (hé oui ça arrive…) mais comment ne pas être impressionné par le mélange improbable et pourtant gagnant du flow du rappeur avec des ambiances musicales aussi différentes que le rock, le reggae, le métal ou le jazz. Le groupe qui l’accompagne, dont il faut saluer la prestation, n’y est certainement pas étranger. Ce jeune homme de Toronto est à suivre ! Je ne m’attarderai pas sur la électro lourde et ennuyeuse d’Amon Tobin poussée à un niveau sonore insoutenable. Existe-t-il une législation concernant les décibels dans ce pays, telle est la question…
J’entends de loin la voix irritante du chanteur de Clap your hands say yeah car le premier rang s’impose pour Sonic Youth. Après avoir patienté une bonne heure dans le froid (il fait déjà froid début septembre dans ce pays, c’est bien parti !), voilà enfin les cinq musiciens tant attendus ! J’oublie le froid, la fatigue, le mal aux pieds pendant une heure et quart alors qu’un sourire extatique se dessine sur mon visage. Ils enchaînent principalement les compositions de leur dernier album en date Rather Ripped. : « Reena », « Incinerate », « What a waste », « Do you believe in rapture ? », toutefois sans oublier de faire plaisir aux anciens fans lors du rappel avec quelques titres des albums précédents. Kim Gordon est déchaînée : elle danse et se tortille dans tous les coins de la scène dès qu’elle lâche sa basse. Thurston Moore, égal à lui-même, est très loquace et nous fait part des concerts qu’il a aimé lors de cette journée. Ce set, toujours empreint d’une énergie fulgurante, s’inscrit dans la lignée de leur dernier album : beaucoup plus pop et abordable. Presque pas de triturages d’instruments ou de combats de guitares Moore vs Ranaldo. Peu importe, voilà une nouvelle preuve que Sonic Youth est un grand groupe et qu’il parvient à sortir de ses recettes habituelles avec brio.
Le bilan est on ne peut plus positif pour cette première édition : une programmation digne d’un grand festival, un site parfaitement aménagé et une organisation impressionnante…En bonne française, je dois absolument trouver quelque chose à critiquer…c’est vrai que des écrans géants pour les grandes scènes ce serait pas mal tout bien réfléchi.
Ma réputation sauve, je ne peux que souhaiter d’être encore dans la belle ville de Montréal l’année prochaine pour assister à la suite des aventures d’Osheaga.



