Titre

Les articles d'une apprenti journaliste

27 avril 2008

Psykup - Chaville

Psykup
Chaville - MJC La Salamandre - 12/04/08

psykup_salamandre07

Une soirée, la banlieue ouest de Paris, deux groupes : un choix.

Lofofora, une notoriété installée, un Élysée Montmartre en juin prochain, 6 albums studios au compteur.
Psykup, groupe toulousain, méconnu dans le 92, la troisième livraison encore chaude.
Clamart ou Chaville, la proche banlieue ou ses méandres.

10 raisons pour lesquelles il ne fallait pas choisir la facilité.


1. Un style unique. On ne peut pas dire : « Mais si, tu sais, Psykup, ça sonne comme ce groupe-là… ». Non, on ne peut pas. Psykup, c’est un métal métissé, sans concession, qui dépasse les limites du genre.

2. L’accessibilité musicale opère sur scène. Bonheur pour l’auditeur, Psykup cultive son originalité, quitte à se faire désirer et à laisser des amateurs potentiels sur le carreau…en tous les cas, sur disque. Les sauts de puce entre les styles passent comme sur des roulettes en live, laissant le spectateur ébahi par :

3. Le niveau musical de chaque musicien, soit Julien, (chant/ guitare), MiLKa (chant/ triton), Vidda (guitare), Pelo (basse) et Brice (batterie). L’union et la complicité évidentes entre les cinq musiciens se transforment en une force qui s’allie à une technique musicale épatante.

4. Un groupe en progression constante : le chant, le jeu de scène, les nouveaux morceaux et même les blagues d’interludes, un détail se sera amélioré au prochain concert de Psykup. Inattendu et surprenant.

5. Une setlist trop belle pour être vraie. Entre les plus réussies des deux premiers albums (Love is dead, L’autruche, Libido, Rock’n’roll assistance) et les petites nouvelles (‘Birdy’, ‘Color me blood red’), le public de Chaville n’a pas eu le droit à une minute de répit.

6. La reprise. Comme tout bon groupe qui se respecte, les cinq ont fait la quasi traditionnelle reprise en dernier rappel. En l’occurrence, ‘Mean Machine’ de Sugar Ray.

7. L’humour est inclus au menu. Vous en connaissez beaucoup des groupes qui se fendent d’un sketch au milieu d’une de leurs compositions ?
Le temps, en réalité la chanson « L’autruche », s’arrête pour laisser la place
à :
MiLKa, en Philippe Manœuvre, lunettes noires à l’appui et Julien, pour l’occasion tantôt nommé Bernard, tantôt Victor, candidat en sursis à la Nouvelle Star. Une interprétation Julien Doresque d’ ‘Au clair de la lune’ et le jugement impitoyable de Vidda Lio et Pelo Manoukian.
Et c’est « L’autruche » qui redémarre.

8. Les éclairages. Superbes, ils accompagnaient à merveille le flot de la musique. Coup de chapeau à l’ingénieur lumières de cette soirée, Mathieu Sainty, qui connaît chaque note de Psykup sur le bout des spots.

9. L’accessibilité, encore, mais financière cette fois : une des rares occasions de pouvoir profiter d’un excellent groupe dans une salle à taille humaine à un prix raisonnable. Surtout, pourquoi prendre une place pour Céline Dion à Bercy quand cela permet d’assister à 20 concerts de Psykup ?

10. La raison 10.
A vous de la trouver lors du prochain concert !

A cet effet, le rappel des dates :

25/04 - LYON - Reperkusound festival (+ INFECTIOUS GROOVE + SICK OF IT ALL + ETHS + AQME…)
03/05 - ENTRAIGUES (38) – Mjc
10/05 - CHATEAUDUN (28) - Espace Malraux (+ LOFOFORA + THE ARRS)
16/05 - SAVIGNY LE TEMPLE (77) - L'Empreinte (+ TREPONEM PAL)
29/05 – LILLE (59) – Le Splendid (+ LOFOFORA + BLACK BOMB A + TREPONEM PAL)
06/06 - COGNAC (16) - Westrock

Posté par Melissablog à 20:46 - Articles de la Mygale - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 juin 2007

Interview d'Andrew Rodriguez

andrew_itw

Montréal, un jeudi ensoleillé.  La place des arts, grand complexe de salles de spectacles du centre ville, accueille Rufus Wainwright pour un concert archi-complet le soir-même. La première partie de cet évènement est assurée par le canadien Andrew Rodriguez, qui a sorti le superbe Here comes the light quelques mois auparavant (cf chronique). Après avoir manqué de se perdre dans les couloirs de la gigantesque place des arts, l’interview peut commencer dans la bonne humeur, accoudés à un piano.

Mygmusique : Au-delà de ta bio que nous avons déjà établi dans l’article sur ton album, pourrais-tu te présenter au public français qui ne te connaît pas?

Andrew Rodriguez : Hé bien, je m’appelle Andrew. J’aime jouer et écrire de la musique. Je suis quelqu’un de très sensible et je voudrais que tout le monde soit heureux…Je ne sais pas vraiment quoi dire…Je trouve ça difficile de décrire ma musique. Je pense qu’elle est originale, qu’elle s’inscrit dans une veine pop psychédélique car elle sonne un peu comme les chansons des années 1960 et 70, mais j’aime penser qu’elle est plus originale que ça.

Myg : Qu’en est-il de tes textes?

AR : D’habitude, je m’assois avec un instrument comme la guitare ou le piano et je commence à jouer. Quand j’ai le début d’un air, je me mets forcément à chanter quelque chose (il joue et fredonne un air) et finalement le texte finit par prendre forme. Mais ça dépend des chansons : par exemple pour Breakfast, je l’ai écrit d’un trait, presque en deux minutes. Pour d’autres comme The man who never knows, ça m’a pris des années car je la peaufinais constamment.

Myg : Quels sont les sujets qui t’inspirent?

AR : Les sujets que je préfère ne sont pas ceux que j’utilise! (rires) J’aimerais bien changer cette habitude d’ailleurs… En fait, j’ai tendance à écrire sur les disputes entre hommes et femmes, l’amour ou ce que je ressens à propos des hommes et du monde, comme ma chanson Only Human (il joue). Pour résumer, sur les sentiments, les êtres humains, mais je préfère rester un peu vague dans mes textes, ne pas être trop direct. Des fois, un texte me vient d’un incident qui m’a énervé, m’a effrayé ou de me sentir mélancolique.

   

Myg : Quelles sont tes influences musicales?

       AR : J’aime beaucoup de styles de musique, mais je n’écoute pas beaucoup de musique contemporaine, surtout pas le genre de Beyonce ou de Christina Aguilera. J’écoute des artistes plus anciens, comme les Beatles bien sûr, mais aussi beaucoup de jazz. Vraiment beaucoup de choses en réalité! Mozart par exemple. Chez moi, j’écoute surtout du jazz avec de superbes accords comme ça (il joue au piano). Ça m’influence d’une certaine manière. Un jour, j’aimerais bien jouer quelque chose qui se rapproche plus du jazz, mais maintenant mes influences principales sont plutôt les années 1960 et 70, Fleetwood Mac, the Zombies, the Kinks, Neil Young et aussi la soul et le r’n’b. D’ailleurs, pendant mes concerts, j’essaie plutôt de m’inspirer du blues. Je vais jouer une nouvelle chanson ce soir qui sonne plutôt rythm’n’blues (il joue quelques accords).

Myg : Pourquoi avoir attendu six ans pour sortir un nouvel album, alors qu’il était prévu bien avant?

AR : Je n’ai pas attendu, attendre n’est pas le bon mot. Ça fait vraiment 6 ans? Oh mon dieu, ça fait si longtemps…Que s’est-il passé? La vie je dirais. Je ne veux pas trop me plaindre, mais ça n’a pas été facile. Ça requiert beaucoup de travail avec peu de moyens. Quand j’ai fini de tourner avec mon dernier disque, je me sentais épuisé. D’abord j’ai du apprendre à enregistrer de la musique tout seul avec des ordinateurs, ensuite je suis parti avec Melissa (Auf der Maur) sur sa tournée. Puis j’ai dû aussi avoir quelques petits boulots parce que je ne vis pas de ma musique. Le temps passe tellement vite! Je ne sais pas vraiment ce qui s’est passé. Mais je suis désolé, je vais essayer de faire plus vite pour le prochain. Je crois que je suis très connu en tant qu’inconnu, c’est un peu frustrant.

Myg : Justement quels problèmes rencontres-tu en tant qu’artiste indépendant au Canada?

AR : Le racisme. (rires) Non, je plaisante. (silence) Au Canada, le gouvernement offre de l’aide financière aux musiciens la plupart du temps, mais je n’en reçois pas. Je ne sais pas pourquoi, peut-être qu’ils me détestent! (rires) Je dois donc payer pour tout moi-même, ce qui est difficile. Je suis dans le cas de beaucoup de musiciens : ce n’est pas donné à tout le monde de vivre de sa musique. Je suppose que ma musique n’est pas aussi accessible que je le crois. J’ai l’impression d’écrire des hits! Mais je ne comprends pas vraiment d’où vient le problème.

Myg : Selon toi, dans quelle mesure la médiatisation et la promotion d’un artiste popularité aide à sa popularité?

AR : Énormément. Mais pour avoir de la promotion, il faut être chez une maison de disque. Et je suis seulement sur une toute petite maison de disques au Canada, comme une petite île perdue au milieu de l’océan de l’industrie de la musique. J’aimerais que ma musique soit exposée à plus de monde. J’espère que le concert de ce soir et d’autres choses vont m’aider dans ce sens. J’ai le sentiment que ça fait dix ans que j’essaie de faire bonne impression! (rires) On verra bien ce qui va se passer dans le futur.

Myg : Une tournée et une sortie de ton album sont-elles envisageables en Europe et en France?

AR : Oui, j’aimerais beaucoup! Mais s’il y a une maison de disque qui lit cette interview, appelez-moi! Je cherche une maison de disque en ce moment au niveau international. Il me faudrait un manager aussi, ça m’aiderait vraiment. Je dois tout faire moi-même ce qui n’arrangent pas les choses.

Myg : Tu as fait la première partie de Rufus Wainwright hier à Toronto et ce soir à Montréal : comment ça s’est passé? Qu’est ce que tu penses de l’exercice de la première partie?

AR : C’était génial. Mais j’ai pris l’avion pour venir ici avec Rufus et j’ai attrapé un rhume. J’espère que ça va aller ce soir. Je pourrais écrire un livre sur les premières parties! C’est un exercice très intéressant. Il y a de la pression, c’est sûr. Il faut chauffer la salle, les gens n’ont aucune idée de qui vous êtes et ils voudraient éviter l’entrée pour arriver directement au plat de résistance. Mais j’espère avoir assez de goût pour les satisfaire! Je suis vraiment reconnaissant à Rufus de me laisser faire sa première partie. Assurer sa première partie est différent. C’est ce qu’on peut faire de mieux car il est vraiment relax et gentil, il me laisse utiliser son piano et son équipe est très sympa.

Myg : Tu as déjà joué avec ton amie Melissa Auf der Maur: elle devrait sortir un nouvel album sous peu : vas-tu collaborer avec elle de nouveau?

AR : Elle va faire un album avec un film. Non, nous n’avons pas prévu de retravailler ensemble pour le moment. Je voudrais me concentrer sur ma musique parce que je crois qu’elle s’exporterait bien en Europe. Et puis je suis espagnol d’origine, donc j’aimerais vraiment pouvoir venir en Europe.

Posté par Melissablog à 21:00 - Articles de la Mygale - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02 mai 2007

Critique du nouvel album d'Andrew Bird

Andrew Bird - Armchair Apocrypha

Photo non disponible

Alors que le dvd de sa performance au théâtre George III à Paris se fait toujours attendre, Mr Bird vient de sortir un nouvel effort le 20 mars dernier, l’énigmatique Armchair Apocrypha.

La barre avait été placé très haute avec le magistral The mysterious production of eggs, un des meilleurs albums de l’année 2005. Les envolées lyriques de violons, les sifflements dignes d’un rossignol, des riffs enlevés, des ballades touchantes, des textes intelligents et une voix remarquable : Bird avait défini les bases de son style.

Ces éléments ont fait de lui un des musiciens les plus remarquables de sa génération et on ne change pas une recette qui marche. Alors oui, Armchair Apocrypha est un très bon album, sans toutefois surpasser son prédécesseur. Une petite touche de grâce en moins peut-être.
Cependant, il mérite qu’on s’y reprenne à plusieurs fois avant de se laisser apprivoiser.

En effet, Andrew Bird est un homme cultivé : restez bien accrocher à vos neurones quand il s’agit des textes. Les trouvailles et les métaphores abondent. Les questions existentielles croisent les préoccupations environnementales dans une trame où chaque chanson forme une petite histoire. Des histoires qui trahissent de l’inquiétude quant au futur et à une possible fin du monde.

Mais ces textes, à premier abord tristes, sont enrobés dans de très belles mélodies pop rock qui font oublier les idées noires. Pour l’occasion, Bird est accompagné entre autres de son batteur Martin Dosh, qui a notamment co-écrit un titre, et de la chanteuse Haley Bonar aux chœurs. Heretics ou Imitosis, excellents singles potentiels, réjouissent nos oreilles quand des titres plus puissants comme Dark Matter nous énergisent. Les deux instrumentaux The supine et Yawny at the apocalypse touchent en plein cœur et la ballade habitée Simple X rend rêveur.

Un album riche et intéressant, plus abordable que son prédécesseur, qui permettra à de nouveaux auditeurs de découvrir la musique du siffleur le plus habile de l’ouest.

Posté par Melissablog à 16:21 - Articles de la Mygale - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

08 avril 2007

Nouvel album de Patrick Watson

Patrick Watson - Close to paradise

Photo non disponible

Comme dirait notre bon Michel Drucker : Patrick Watson, retenez bien ce nom car vous n’avez pas fini d’en entendre parler ! Le compagnon des dimanches interminables faisait cette déclaration fracassante à propos de Céline Dion, mais on ne lui en tiendra pas rigueur… Car oui, enfin ! Après nous avoir déversé ses chanteuses gueulardes et ses humoristes en tous genres, le Québec s’est décidé à nous envoyer ses meilleurs éléments musicaux. Les noms de Pierre Lapointe, Ariane Moffatt et Malajube doivent déjà vous évoquer quelque chose…

Mesdames, Messieurs, place maintenant au plus talentueux, créatif et poétique d’entre eux : j’ai nommé Patrick Watson !
Derrière le nom de son chanteur et parolier se cache en réalité un quatuor : le québécois Simon Angell, l’ukrainien Mishka Stein et le canadien suisse Robbie Kruger.

Un groupe aux origines diverses pour une musique aux influences multiples.
Etonnamment, Mr Watson cite en premier lieu la musique classique et plus particulièrement Eric Satie et Claude Debussy. Jeff Buckley suit, tout naturellement…La comparaison est inévitable : on croirait l’étoile filante américaine ressuscitée d’entre les morts lorsqu’on entend la voix du jeune montréalais et les ambiances dans lesquelles elle évolue.

Cependant, la ressemblance s’arrête là puisque Patrick Watson est, lui, parvenu jusqu’au cap du deuxième album avec la merveille Close to Paradise. Sorti en octobre 2006 sur le label naissant secret city records, cette nouvelle œuvre a été unanimement acclamée par la critique canadienne.

Et pour cause, on ne s’ennuie pas au paradis de Patrick Watson. Leur musique aérienne et rêveuse est d’une beauté saisissante. Possible bande originale d’un film de Tim Burton, ce petit goût de paradis musical étonne par sa richesse et ses atmosphères changeantes. Alors que la voix du chanteur rencontre des accords de piano mélancolique le temps de The great escape, Giver concrétise l’efficacité de la formation guitare, basse, batterie.

L’étonnante chanson Weight of the world renferme une palette de mondes fantastiques où l’on aperçoit Tom Waits et Portishead. Mr Tom, superbe ballade au piano, marque une pause au milieu de l’album, alors que Drifters nous égare au milieu d’une mer matérialisée dans un clip rétro, œuvre d’une amie de longue date, l’artiste Brigitte Henry. L’aspect vidéo fait partie intégrante du travail du groupe puisqu’ils jouent sur fond de projections lors de leurs concerts.

Patrick Watson affirme passer des heures à ciseler chaque détail de ses morceaux: le jeune homme n’exagère pas car les arrangements sont d’une richesse délicieuse. Un orchestre symphonique, les chœurs de Katie Moore et Liz Powell, les touches électro d’Amon Tobin et la foule de sons ajoutés par le groupe donnent un album qui se réinvente à chaque écoute.

Le groupe est promis à une carrière internationale et sachez qu’il s’en vient dans notre beau pays ! Patrick Watson sera en concert au Printemps de Bourges le 19 avril ,au VIP de Saint-Nazaire le 20 et au Trabendo le 21 avec Cinematic Orchestra, projet auquel participe le chanteur. Ils repassent ensuite à la Boule Noire le 15 mai en compagnie de Loney Dear.

On pourrait parler de ce disque pendant des lignes, mais je préfère vous inviter à vous attarder sur leur page myspace, à vous procurer l’album sur amazon.ca ou itunes et à vous rendre aux concerts dans les petites salles du Trabendo et de la Boule noire…avant qu’ils ne remplissent l’Olympia.

Posté par Melissablog à 23:30 - Articles de la Mygale - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

19 mars 2007

Chronique du nouvel album de Kafka

Kafka - O

Photo non disponible

« Les vrais groupes de rock ne seront jamais célèbres » (surtout en France, serait-on tenté d’ajouter). Cette malédiction s’applique à Kafka, qui vient de sortir un nouvel album sobrement intitulé O.

Les auteurs de cette citation viennent de réaliser le documentaire La route est longue. Ils ont pris le parti d’expliquer ce phénomène injuste en suivant trois jeunes groupes français, dont Kafka, pendant un an et demi. Ces jeunes hommes ont donc pu être les témoins chanceux de la genèse du deuxième album du quartet. La sortie de ce « rockumentaire » est prévue pour juin 2007. A suivre…

Kafka est un groupe d’une intelligence rare, l’opposé du soi-disant renouveau du rock pour parisiens en manque de sensation. Pour preuve, ils ont multiplié les collaborations avec des musiciens talentueux (Bumcello, Manu Eveno de Tryo) et les projets ambitieux (musique pour l’adaptation théâtrale d’un roman d’Albert Camus, concerts en interaction avec le plasticien Claude Lêveque).

Les invités de ce nouvel album s’inscrivent dans la même veine : Nosfell et son camarade violoncelliste Pierre Le Bourgeois. La rencontre musicale a été mûrement réfléchie. Après plusieurs tentatives lors de leurs concerts communs à la Coopérative de mai de Clermont Ferrand, la troupe de musiciens n’a apparemment rien laissé au hasard. Kafka a esquivé le pari risqué de laisser Nosfell introduire son monde dans leur musique : les deux troubadours de Klokochazia officient chacun sur leur morceau respectif.

O, tout comme son prédécesseur éponyme, est un tour de force. Malgré la longueur des titres et l’aspect uniquement instrumental des compositions, Kafka nous emmène dans une promenade mélodique, nous perd dans les morceaux, tant et si bien que le concept de séparation des titres semble superficiel.
Cette odyssée musicale est propice à l’imagination de l’auditeur, qui a tout le loisir de se laisser porter au fil des ambiances.

Kaleidoscope vision 1 démarre toute guitare dehors. Les rythmes varient, l’accent est mis tantôt sur la guitare tantôt sur la basse ou la batterie. Le mixage de l’album a été mis à profit pour donner différentes profondeurs aux sonorités.

Brest nous fait décoller tout en douceur avec la participation du violoncelle de Pierre Le Bourgeois. L’instrument accompagne admirablement les quatre autres, comme s’il remplaçait la ligne de chant. La fin du titre nous plonge dans un univers plus rock, transformé en déluge bruitiste à la sonic youth.

Trauma porte bien son nom puisqu’il pourrait très bien être la bande sonore d’un film dérangeant à la Shining. La rythmique et les guitares sont entêtantes et elles nous plongent dans une torpeur inquiétante pour finir par exploser, puis accélérer.

Les marins ne pouvaient pas résister au chant des sirènes : la comparaison semble facile, mais évidente entre les créatures des mers et les lointaines vocalises de Nosfell. Sa voix bijou habille le début et la fin d’un titre onirique, appelé Siren.

Les membres de Kafka maîtrisent leur technique musicale. Les multiples effets instrumentaux en font acte. Les guitares sont à l’honneur dans le dernier titre Dystopia : on ne peut que s’émerveiller des sons magiques qui sortent des doigts de Clément Peyronnet et de Rémy Aurine-Belloc. Il faut également saluer les talents de la section rythmique assurée par Rémy Faraut à la batterie et Guillaume Mazard à la basse.

Kafka ne sera probablement jamais célèbre…et tant mieux. Ils jouent une musique bien trop géniale et courageuse pour toucher une large part du public français. Leur musique constitue une alternative extraordinaire au fade paysage musical de notre pays. Rien que pour cela, ils méritent votre attention.

Posté par Melissablog à 04:02 - Articles de la Mygale - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03 mars 2007

Chronique du nouveau disque d'Andrew Rodriguez

Andrew Rodriguez - Here comes the light

Photo non disponible

Je n’y croyais plus. Mais here comes the light ! Six ans après son dernier album, Andrew Rodriguez sort enfin un nouvel effort ! Mais qui est donc ce jeune homme ?

Andrew a débarqué sur la scène canadienne avec son groupe Bodega à la fin des années 1990. Leur premier album « Bring yourself up » a été si bien accueilli qu’ils ont été gratifiés d’une nomination aux Juno Awards (équivalent de nos victoires de la musique au Canada) dans la catégorie meilleur album de musique alternative.
Pourtant, le batteur et la bassiste décident de quitter le groupe et Andrew se retrouve obligé de monter une autre formation.
Bodega de nouveau sur pied, le futur s’annonce radieux avec un deuxième cd produit par Dave Fridmann (Mogwai, Flaming Lips) : « Without a plan » est acclamé par la critique en 2001.
Le groupe se dissout encore et Andrew profite d’une pause pour prêter sa voix à d’autres musiciens tels que Sam Roberts. Puis il accepte la proposition de son amie d’enfance, Melissa Auf der Maur, qui lui demande d’être son guitariste lors de la tournée qui marque la sortie de son album solo.
De retour à Toronto, Andrew finit de concocter « Here comes the light » sorti le 13 février au Canada.

L’album vous emmène dans une promenade pop psyché où l’on croise les Beatles, Neil Young ou Syd Matters au détour d’un couplet.
Que ce soit lors de la ballade inspirée What I done ou du quasi-dansant Dreaming of it, les airs qui vous restent dans la tête pendant des jours ne manquent pas.
Andrew Rodriguez a invité nombres de ses amis sur ce nouveau LP, ce qui donne des arrangements riches, forts du talent de multi-instrumentiste de son auteur et de ses camarades. On retrouve entre autres la musicienne canadienne Angela Desveaux et son joli timbre en duo sur Come on in.
Pour ce qui est du reste, la voix aigu-douce de Rodriguez se greffe, un brin nonchalante, sur les mélodies charmantes. Toutefois, elle sait aussi se faire violence comme sur la chanson « révélation » Here comes the light. Celle-ci donne le ton des textes du disque : une grande bouffée d’optimisme !
Ce cd semble être celui d’un homme heureux qui est parvenu à trouver sa place dans la vie et a qui envie de le partager. Comment trouver meilleur antidépresseur ?
Ainsi, il vous invite à oublier vos chagrins d’amour (Warm hearts on ice), à être plus attentionné envers autrui (Only Human) ou à vous rappeler des bons moments de votre enfance (Good bad kids).
On pourrait penser que le parolier fait preuve d’une candeur excessive. Mais des morceaux comme The man who never knows ou Breakfast nous détrompent et la lucidité de Here comes the light: « You may think me so naïve for the simple things that I believe / But I’d stake it all on this song / I could be wrong » finit de nous rassurer.

Malheureusement, ce magnifique troisième album, tout comme les deux premiers, ne sont pas (encore) distribués en France et son auteur reste en quête d’un label européen.
Cependant, ceux qui seront « tombés en amour » avec les morceaux disponibles sur www.myspace.com/rodriguezrocks peuvent se procurer le disque sur le site amazon.ca à un prix raisonnable (si on n’omet pas de convertir les dollars canadiens en euros !) ou envoyer un message pour plus d’infos sur le myspace.

Posté par Melissablog à 05:11 - Articles de la Mygale - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02 mars 2007

Chronique du nouvel EP de Mansfield Tya

Mansfield Tya - Fuck

Photo non disponible

Soyons honnêtes les rééditions agrémentées un EP sont souvent une arnaque pour fans, un coup de la maison de disque pour nous faire racheter le cd avec un inédit et 5 versions live d’une pertinence douteuse. Devant une telle proposition, un choix s’impose à chacun de nous : résister et se procurer les titres d’une manière peu légale ou laisser parler son amour pour le groupe et au passage notre tendance à l’achat compulsif de disques.

On pourra dire que je suis mauvaise langue car Fuck est aussi disponible chez Wonderground Asso (plus d’infos sur manfieldtya.free.fr). Cependant, j’ai quelque réticence à envoyer un chèque dans la ville bien connue de Couëron (dans les environs de Nantes pour votre culture géographique) et d’espérer peut-être indéfiniment l’arrivée de ces nouveaux morceaux tant attendus…Cela dit, ça n’engage que moi bien sûr, mais qui n’a jamais été traumatisé par la poste, je vous le demande ?

J’en profite pour vous rappeler que June, le magnifique premier album de Mansfield Tya sorti en octobre 2005, a propulsé le groupe parmi les « révélations » du rock français avec une apparition sur la compilation Indétendances de la Fnac, un passage remarqué au festival des Inaperçus et un accueil chaleureux d’un public de plus en plus nombreux.
Les deux jeunes femmes sont maintenant en pleine préparation du second album. Cet EP marque donc un tournant entre les deux opus.

Une question fort angoissante s’impose : ce disque, comme nombre d’EPs, est-il un autre mini fourre-tout ?
Hé bien non, sans toutefois atteindre la perfection.

Il contient tout d’abord deux titres du ciné-concert de 2004 : le film de Jean Genet, Un chant d’amour, était accompagné d’une musique composée par les deux Nantaises pour l’occasion. L’instrumental qui ouvre ce cd, nommé d’après le film, est extraordinaire et d’une puissance remarquable, tout à fait caractéristique du son doux et torturé ciselé sur June. Quatre minutes à vous faire pleurer, rêver, danser, imaginer…tout sauf rester de marbre.
C’est malheureusement moins le cas pour la chanson La cour de l’est où l’on sent Mansfield Tya qui se cherche. Ce morceau très court perd probablement de son intérêt dépourvu du film.
On regrettera d’ailleurs qu’il n’y ait pas d’extraits vidéo de ce ciné-concert sur l’EP.

L’autre pièce majeure du disque est la reprise de Dominique A, En secret. Cette chanson une nouvelle fois très sombre se retrouve merveilleusement servie par la voix un brin éraillé de Julia alors que le texte tourmenté est mis en valeur par les cordes de Carla. Une perle noire.

I love you goodbye, jolie petite chanson, se rapproche d’une comptine qui rappellera de bons souvenirs à ceux qui ont vu les deux demoiselles en concert, puisqu’elle faisait souvent office de rappel.

Les titres live, voilà donc le point faible de cet EP. L’interprétation des morceaux est presque identique à celle de l’album, ce qui s’avère d’autant plus décevant que, pour avoir vu le groupe plusieurs fois en concert, les chansons y prennent la plupart du temps une dimension beaucoup plus puissante. Leur prestation magistrale d’octobre dernier à Montréal en était une preuve irréfutable. Malheureusement, ces versions sages ne rendent pas du tout justice à l’atmosphère des performances des deux jeunes femmes. On se consolera en écoutant la superbe ballade douce amère Mon amoureuse dont le texte est de toute beauté.

Malgré tout, les meilleurs morceaux de ce disque reste indispensables pour les amateurs du groupe. Les autres seraient bien avisés de se procurer June et son EP pour ne pas passer à côté d’un des groupes français les plus ensorcelants et prometteurs.

Posté par Melissablog à 04:43 - Articles de la Mygale - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Première chronique sur www.mygmusique.com

Osheaga festival
Montreal - 2 septembre 2006

Photo non disponible

La grande cité québécoise accueille de nombreux festivals de renommée internationale tout au long de l’été. Vous avez sûrement déjà entendu parler de son festival de Jazz ou des Francofolies, n’est-ce pas ? Cette année, un petit nouveau se joint à la fête : le festival Musiques et Arts d’Osheaga.

Ils sont forts ces québécois, très forts…Voilà ce que peut vous dire la nouvelle émigrée que je suis et qui a la chance inouïe d’arriver la première année de ce festival Musiques et Arts Osheaga. On serait en mesure de s’attendre à quelques ratés dans l’organisation, bien compréhensibles lors d’un évènement encore balbutiant. Point du tout ! Nous petits français et notre chauvinisme pouvons aller nous rhabiller !

En effet je n’ai fait que d’aller de surprises en surprises : avez-vous déjà franchi l’entrée d’un festival en moins de trente secondes, vous ? Sur les lieux une petite demi-heure avant le début des hostilités, je passe les contrôles des sacs et des tickets incrédule avant d’attraper une belle brochure cartonnée rassemblant toutes les infos sur les artistes. Le parc Jean Drapeau, situé sur une île au sud de Montréal, semble avoir été fait pour accueillir ce festival. Les trois scènes sont intelligemment agencées entre pelouses, arbres et plans d’eau. On aurait presque pu voir un petit écureuil secouer la tête sur les rythmes les plus enragés de cette journée !
Pas besoin de faire des kilomètres entre les scènes : ce festival se veut à taille humaine et il ne prévoit d’accueillir que 25 000 personnes en deux jours.

De jeunes bénévoles parcourent le site avec des bouteilles d’eau, d’autres ramassent les ordures, des poubelles de recyclage sont disséminées de-ci de-là, on peut même écrire un email à sa grand-mère au café Internet ! Les animations ne sont pas en reste : le salon des arts propose une exposition de peintures et collages ainsi qu’une foule d’évènements tout au long de la journée. Ca a l’air fort sympathique tout ça me direz-vous, cela dit c’est bien loin et même inatteignable à partir de notre belle Normandie. Je vous propose donc un petit effort d’imagination pour que nous nous rendions ensemble sur l’île Sainte-Hélène en ce samedi nuageux mais sec.

Une trentaine de groupes par jour à l’affiche, ça c’est du solide. Vous parlez de la vingtaine de groupes que j’ai pu voir, ça c’est long. Soyons donc concis.

La programmation laisse une belle part à la scène locale et j’entame mon marathon musical par les Crystal Clyffs. Quelques ambiances sympathiques, du rock honnête pas franchement aidé par une chanteuse qui doit plus passer son temps à peaufiner son look de sosie de Kate Moss que son chant. Je me dirige donc vers la scène des arbres où Mission District, cinq garçons dans le vent, montre l’étendue de son ambition grâce à des compositions fort efficaces dans la veine des groupes à la mode. Bloc Party et compagnie ça doit vous évoquer quelque chose… Un peu plus loin, les frères et sœurs de Magic numbers distillent leurs chansons entraînantes ou mélancoliques à grand renfort d’harmonies vocales des plus réussies sur l’une des doubles scènes principales. Hé oui, comme je vous le disais, ils sont malins ces québécois ! Lorsqu’un groupe joue sur la scène de la rivière, l’autre se prépare à enchaîner sur la scène de la montagne…plus d’attente interminable, que du bonheur !

S’en vient Joseph Arthur qui réussit un tour de force qui m’étonnera toujours : subjuguer une foule par la beauté de ses chansons seul avec une guitare et un harmonica. Celles-ci prennent toute leur dimension en live, le final « In the Sun » en est une preuve évidente. Une trop courte demi-heure plus tard, j’aperçois Yoav sur la petite scène dont le chant plaintif me fait prendre mes jambes à mon cou. Il est trop tard pour les Hushpuppies et de toute façon, je n’ai pas traversé l’Atlantique pour finir par écouter des petits gars du Gibus ! Direction World Party, groupe recommandé par Joseph Arthur quelques minutes plus tôt. Les messieurs ont apparemment de la bouteille et leur musique mélange d’influence des années 50 et 60 avec du violon et de l’accordéon sonne délicieusement à nos oreilles. Chapeau à ce mariage réussi ! Malheureusement seuls quelques festivaliers profitent du spectacle alors que la majorité se masse devant l’autre scène pour attendre une gloire locale : Vulgaires Machins. La brochure fait l’éloge de leurs textes corrosifs : hé bien croyons-les sur parole car le son est si mauvais que je distingue à peine la langue dans laquelle il s’exprime. Les voix sont écrasées par des riffs néo-punks sans grande saveur. Je vous épargne les groupes anecdotiques qui se produisent pendant l’heure suivante.

Passons à l’un des meilleurs concerts de ce samedi : Dinosaur Jr. Pendant les trois-quarts d’heure dont ils ont disposé, les trois hommes ont envoyé un rock garage percutant entre solos jouissifs et parties chantées épatantes. Quel bonheur de voir un groupe qui n’a pas besoin d’en faire trois tonnes, de faire appel à deux stylistes avant de se pointer sur une scène et qui balance une telle énergie !

Après cette méchante claque, je prête une oreille distraite à Malajube, des petits québécois qui font sautiller les jeunes avec leurs chansons joyeuses et sympathiques. Je croise sur mon chemin The Colour vers la fin de leur set. Ce quintet de Los Angeles, qui semble tout droit sorti du film « Presque Célèbre », livre une très bonne prestation avec leurs compos très 70’s, look oblige. Je tend une oreille vers We are wolves, trois zigotos affublés d’une espèce d’œuf avec un oiseau sur le tout, totalement indescriptible. Leur rock-électro semble appréciable mais je ne peux pas résister à l’envie de découvrir Metric sur la grande scène. La blonde chanteuse mène tout ce petit monde de main de maître, tantôt blaguant avec le public, l’entraînant à danser, tantôt orientant son groupe vers la nouvelle direction musicale à prendre. Personne ne lui résiste, la foule est conquise ainsi que le rappeur K-Os qui nous avoue avoir eu un « crush ». Je ne suis pas fan de rap (hé oui ça arrive…) mais comment ne pas être impressionné par le mélange improbable et pourtant gagnant du flow du rappeur avec des ambiances musicales aussi différentes que le rock, le reggae, le métal ou le jazz. Le groupe qui l’accompagne, dont il faut saluer la prestation, n’y est certainement pas étranger. Ce jeune homme de Toronto est à suivre ! Je ne m’attarderai pas sur la électro lourde et ennuyeuse d’Amon Tobin poussée à un niveau sonore insoutenable. Existe-t-il une législation concernant les décibels dans ce pays, telle est la question…

J’entends de loin la voix irritante du chanteur de Clap your hands say yeah car le premier rang s’impose pour Sonic Youth. Après avoir patienté une bonne heure dans le froid (il fait déjà froid début septembre dans ce pays, c’est bien parti !), voilà enfin les cinq musiciens tant attendus ! J’oublie le froid, la fatigue, le mal aux pieds pendant une heure et quart alors qu’un sourire extatique se dessine sur mon visage. Ils enchaînent principalement les compositions de leur dernier album en date Rather Ripped. : « Reena », « Incinerate », « What a waste », « Do you believe in rapture ? », toutefois sans oublier de faire plaisir aux anciens fans lors du rappel avec quelques titres des albums précédents. Kim Gordon est déchaînée : elle danse et se tortille dans tous les coins de la scène dès qu’elle lâche sa basse. Thurston Moore, égal à lui-même, est très loquace et nous fait part des concerts qu’il a aimé lors de cette journée. Ce set, toujours empreint d’une énergie fulgurante, s’inscrit dans la lignée de leur dernier album : beaucoup plus pop et abordable. Presque pas de triturages d’instruments ou de combats de guitares Moore vs Ranaldo. Peu importe, voilà une nouvelle preuve que Sonic Youth est un grand groupe et qu’il parvient à sortir de ses recettes habituelles avec brio.


Le bilan est on ne peut plus positif pour cette première édition : une programmation digne d’un grand festival, un site parfaitement aménagé et une organisation impressionnante…En bonne française, je dois absolument trouver quelque chose à critiquer…c’est vrai que des écrans géants pour les grandes scènes ce serait pas mal tout bien réfléchi.
Ma réputation sauve, je ne peux que souhaiter d’être encore dans la belle ville de Montréal l’année prochaine pour assister à la suite des aventures d’Osheaga.

Posté par Melissablog à 04:37 - Articles de la Mygale - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



« Accueil  1