31 mai 2007
Didier Super - Vaut mieux en rire que de s'en foutre II
« Si la maison de disque, elle fout cette merde dans le commerce, je peux te dire qu’on culmine dans le foutage de gueule. » Didier Super Le nouvel album de Didier Super Didier Super a un grand nombre de défauts, mais on ne pourra pas lui enlever la franchise. Quand il a décidé de sortir le même album que le précédent, il l’annonce clairement. Contrairement à bons nombres de soi-disant artistes qui sortent des disques d’une continuité effrayante à peu près tous les deux ans, sous couvert d’un titre et d’un look différent.
Donc on reprend les mêmes et on recommence? Non, pas tout à fait. Le plus décapant des Didier s’est offert les services d’une partie de l’équipe du conteur de Klokochazia, Nosfell, puisque Pierre Le Bourgeois s’occupe des arrangements et Edouard Bonan du mixage.
En effet, l’accompagnement musical plutôt approximatif du premier album en avait repoussé plus d’un. Pour faire plaisir à sa maison de disque (selon son site internet), Didier lâche la guitare pour passer les commandes à Pierre Le Bourgeois. Le violoncelliste laisse de côté les mélodies métissées de Nosfell pour retourner à ses premiers amours : la musique classique. C’est bien un orchestre qui enrobe les paroles de Didier dans le but de rendre la livraison abordable « pour les vieux ».
Le ton reste, lui, intact tout comme les paroles, sauf quelques retouches : « Arrête de la péter » devient « Arrête d’en faire un peu trop », politique commerciale oblige. On explose de rire ou on s’indigne face aux répliques pseudo racistes, stupides ou étonnamment lucides de Didier. Le tout au dixième degré, un minimum.
Au-delà de l’attrait de ces plaisanteries et de l’accompagnement superbement orchestré, ce recyclage du premier cd s’avère peut-être indispensable pour les fans. Les autres n’y jetteront plus qu’une oreille distraite, la surprise des premières écoutes évanouie.
Vaut mieux en rire que de s’en foutre II, une invitation à la réflexion sur la musique jetable qui envahit nos ondes radio ou simple blague potache ? A vous de choisir!
19 mai 2007
Concerts à emporter
Ecoutez, vous êtes livrés
Vous prendrez bien un petit concert avec ça? La blogothèque, un mp3 et vidéo blog français, vient de fêter sa première année de livraisons musicales très particulières.
Ils feront tout pour vos oreilles, même l’illégal. La blogothèque, site internet dédié à la musique, s’inscrit dans la mouvance des mp3 blogs avec leur slogan emprunté aux Beatles : « musique, partage sont des mots qui vont très bien ensemble ». Rappelons que ces pages web mettent en téléchargement gratuit des morceaux de musique de leurs artistes favoris pour une durée limitée. Le tout sans autorisation des auteurs ou des maisons de disques.
Toutefois, Chryde, journaliste français et créateur de ce site, a eu une idée originale qui s’inspire d’un principe bien connu des restaurateurs: le concert à emporter. La genèse du concept possède une touche québécoise puisque Chryde a démarré son projet, avec l’aide du caméraman Vincent Moon, après une performance d’Arcade Fire. Seuls cinq privilégiés avaient pu suivre le groupe montréalais alors qu’ils avaient traversé la foule et achevé leur concert à l’extérieur du Nouveau Casino ce soir-là.
Révélation pour le jeune français : il veut faire partager ces moments d’exception avec les fans de musique sur internet. Un lieu insolite, une caméra, un groupe de musique, un plan séquence et les bases du projet étaient définies. Maintenant, plus d’une cinquantaine d’artistes se sont prêtés au jeu depuis avril 2006, dont Arcade Fire interprétant Neon Bible dans un monte-charge. Cependant, la blogothèque privilégie les groupes encore peu connus comme autant de découvertes à emporter.
02 mai 2007
Critique du nouvel album d'Andrew Bird
Andrew Bird - Armchair Apocrypha
Alors que le dvd de sa performance au théâtre George III à Paris se fait toujours attendre, Mr Bird vient de sortir un nouvel effort le 20 mars dernier, l’énigmatique Armchair Apocrypha.
La barre avait été placé très haute avec le magistral The mysterious production of eggs, un des meilleurs albums de l’année 2005. Les envolées lyriques de violons, les sifflements dignes d’un rossignol, des riffs enlevés, des ballades touchantes, des textes intelligents et une voix remarquable : Bird avait défini les bases de son style.
Ces éléments ont fait de lui un des musiciens les plus remarquables de sa génération et on ne change pas une recette qui marche. Alors oui, Armchair Apocrypha est un très bon album, sans toutefois surpasser son prédécesseur. Une petite touche de grâce en moins peut-être.
Cependant, il mérite qu’on s’y reprenne à plusieurs fois avant de se laisser apprivoiser.
En effet, Andrew Bird est un homme cultivé : restez bien accrocher à vos neurones quand il s’agit des textes. Les trouvailles et les métaphores abondent. Les questions existentielles croisent les préoccupations environnementales dans une trame où chaque chanson forme une petite histoire. Des histoires qui trahissent de l’inquiétude quant au futur et à une possible fin du monde.
Mais ces textes, à premier abord tristes, sont enrobés dans de très belles mélodies pop rock qui font oublier les idées noires. Pour l’occasion, Bird est accompagné entre autres de son batteur Martin Dosh, qui a notamment co-écrit un titre, et de la chanteuse Haley Bonar aux chœurs. Heretics ou Imitosis, excellents singles potentiels, réjouissent nos oreilles quand des titres plus puissants comme Dark Matter nous énergisent. Les deux instrumentaux The supine et Yawny at the apocalypse touchent en plein cœur et la ballade habitée Simple X rend rêveur.
Un album riche et intéressant, plus abordable que son prédécesseur, qui permettra à de nouveaux auditeurs de découvrir la musique du siffleur le plus habile de l’ouest.



