23 avril 2007
Le premier tour des élections présidentielles françaises à Montréal
Les militants se chicanent à Montréal
Pour la première fois hier, les Français d’Amérique ont eu l’opportunité de voter une journée avant leurs compatriotes, qui doivent se rendre aux urnes ce dimanche. Malgré la bonne humeur des électeurs montréalais, l’atmosphère était houleuse entre les militants à cause du bureau de l’UMP établi dans la métropole québécoise.
En effet, le parti du candidat de droite, Nicolas Sarkozy, a ouvert une permanence dans le quartier Outremont depuis la fin du mois de mars, à quelques pas du collège Stanislas qui accueillait les bureaux de votes. Les autres partis français dénoncent l’occupation de ce local aux couleurs de l’Union pour un Mouvement Populaire par ses représentants et ses bénévoles, car ils le jugent illégal. « La propagande est interdite à l’étranger, c’est la loi », explique Malik Dussaud, le représentant de Ségolène Royal à un partisan de ce bureau.
Pendant que les débats vont bon train entre les militants de gauche et de droite, le sénateur de l’UMP Louis Duvernois réfute l’illégalité de la permanence montréalaise de son parti. Selon lui, la propagande serait autorisée dans tous les endroits où une communauté française est présente. De son côté, Khadija Doukali Tahiri, la représentante de l’UMP, dénonce la jalousie dont feraient preuve les autres partis.
Fait accablant pour l’UMP, son bureau est resté ouvert toute la matinée de ce jour d’élection, alors que la campagne a pris fin avant-hier et que toutes les activités politiques doivent être suspendues jusqu’aux résultats du premier tour. De sucroît, M. Duvernois a assuré à notre journal que le local était fermé.
Pour sa part, Brigitte Sauvage préfère pousser les gens à voter. « Nous avons la chance d’avoir ce privilège alors voter à droite ou à gauche, peu importe, mais voter! », encourage l’élue de l’Assemblée des Français à l’Etranger, alors que la foule se massait devant le Collège Stanislas. Cette représentante de la gauche croit que les Français à l’étranger peuvent faire basculer l’élection grâce à leurs voix. En effet, ils représentent plus de 2 millions de personnes, dont 40 000 sont inscrits sur les listes électorales au Québec, dont 34 000 à Montréal.
Cette élection prend un tournant inédit puisque la Constitution a été amendée pour que les Français d’Amérique puissent voter avant de connaître les résultats de la métropole. L’initiative a plu aux électeurs, à l’exemple d’Alain, qui patiente dans la file d’un des gymnases mis à disposition pour l’occasion. Ce père de famille, marié à une Française depuis vingt-cinq ans, a fait sa demande de double nationalité quatre ans auparavant et se réjouit de pouvoir voter pour la présidence française. « Je m’intéresse de plus en plus à la politique française car ma femme et moi espérons finir nos jours en France. » Un autre électeur, Paul, a décidé de faire toutes les démarches pour s’inscrire sur les listes consulaires cette année. « Si on ne fait pas l’effort de voter, on n’a pas le droit de râler », pense-t-il.
Le premier mariage gai à Montréal
La première cérémonie unissant un couple gai à Montréal a eu lieu hier dans l’arrondissement de Ville-Marie.
« Je crois que vous êtes de grandes stars aujourd’hui! », a plaisanté le maire de l'arrondissement, Benoit Labonté, en anglais avec les jeunes mariés, Francesco Vidoni et Larry Pieters, avant de lire les articles du code civil concernant les droits et les devoirs conjugaux. Pour cette grande première, les mariés ont ensuite échangé consentements et anneaux sous l’œil des caméras de Radio Canada.
Le mariage des personnes de même sexe a été autorisé en 2005 par une loi fédérale sur la charte des droits. À l’initiative de Martin Cauchon, cette loi avait été acceptée sous le gouvernement libéral Martin. Le Premier ministre actuel, Stephen Harper, a essayé de la modifier en la remettant à l’ordre du jour, mais elle a été maintenue.
La cérémonie des deux jeunes hommes de 25 et 37 ans s’est déroulée uniquement en anglais. En effet, au Québec, les futurs époux ont droit à un mariage dans leur langue d’origine, où seuls les papiers officiels doivent être en français. « Le premier couple de la matinée était serbe et si je parlais cette langue, ils auraient pu être marié en serbe », explique le maire Labonté.
« Le mariage par les maires rend la fonction plus humaine », juge Jean –Yves Duthel, le directeur des affaires publiques et des relations avec les citoyens de la mairie. Grâce à la modification du code civil en 2004, les maires ont le droit de demander un certificat permanent qui leur permet de célébrer des mariages en tout temps. Auparavant, un citoyen avait la possibilité de présider une seule union s’il en faisait la demande au Palais de justice. « J’ai moi-même marié ma fille », confie M. Duthel.
« Chaque citoyen a le droit de se marier sans discrimination. C’est un service qu’on doit offrir à la population », ajoute Benoît Labonté. Le maire de Ville-Marie, qui se déclare en faveur du mariage gai, pense que la cérémonie en mairie est une option mitoyenne entre l’église et le palais de justice. « Ça a un côté plus convivial, plus humain », estime-t-il.
Cette nouvelle habitude n’est pas encore rentrée dans les mœurs puisque seuls les maires d’Outremont, de Villeray et de Ville-Marie ont fait la démarche pour obtenir le droit permanent de marier. Les unions ne sont prévues que le dernier samedi du mois à Ville-Marie, car le nombre de demandes restent raisonnables : dix-sept mariages sont prévus d’ici le mois de juin, dont un gai.
08 avril 2007
Le gouvernement Harper n'ira plus à Kyoto
Alors que l’ancien candidat à la présidence américaine Al Gore n’a jamais été aussi populaire grâce à son documentaire sur la protection de l’environnement, le premier ministre du Canada, Stephen Harper, et son gouvernement conservateur continuent de s’isoler en refusant d’appliquer le protocole de Kyoto. Depuis son arrivée au pouvoir en janvier 2006, Harper a toujours assuré qu’il était impossible d’atteindre les objectifs requis par le protocole sans mettre à genoux l’économie canadienne. Toutefois, à une époque où la question environnementale est devenue une des principales préoccupations de la population, le dirigeant du Canada se retrouve en bien mauvaise posture.
L’addition de l’application de l’engagement de Kyoto devient de plus en plus salée. Si le Canada se décidait à réduire sa production de Gaz à Effet de Serre (GES) comme convenu, il devrait débourser la bagatelle de 100 milliards de dollars canadiens durant les quatre prochaines années, selon le groupe Les Amis de la Terre et le magazine Corporate Knights. Mais une telle dépense ne sera sûrement pas au menu du prochain budget fédéral présenté par le ministre des Finances Jim Flaherty le 19 mars prochain.
De surcroît, les émissions de GES des 336 entreprises les plus polluantes pour l’année 2005 ont à peine diminué selon une étude de Statistique Canada. En effet, ces compagnies qui produisent toutes au minimum plus de 100 000 tonnes de GES par an ont annoncé une baisse de 0,05 %. Même si cela dénote une stabilisation des émissions, ces entreprises ne représentent qu’un peu plus d’un tiers des GES du pays, qui s’élevaient à 178 millions de tonnes en 2004. Le constat est encore plus accablant dans la province de l’Alberta puisque ses émissions ont réduit de moins de 0,001 %.
Le Canada est donc un des mauvais élèves du protocole de Kyoto pourtant signé depuis 1998. A l’époque, le gouvernement libéral de Jean Chrétien s’était engagé à baisser son taux d’émissions de GES de 1990 de 6 % avant 2012. Bien que le protocole ait été ratifié en 2002, les émissions de GES du Canada ont augmenté de 30 % depuis 1990.
Le premier ministre Jean Chrétien avait-il accepté le protocole tout en sachant que le Canada ne parviendrait pas à atteindre ses objectifs à temps ? Eddie Goldenberg, un de ses anciens conseillers, le croit. Il a déclaré le mois dernier que le gouvernement libéral avait signé cette entente car la population attendait d’eux une initiative environnementale, sans forcément être prêt à en assumer les conséquences. « Nous savions que le fait de signer et de ratifier Kyoto lorsque nous l’avons fait était absolument nécessaire pour préparer l’opinion publique aux gestes à poser dans le futur afin de faire face à la question du changement climatique », a-t-il expliqué.
Le nouveau premier ministre du Canada ne semble pas faire cas de telles préoccupations. Contrairement aux libéraux de M. Stéphane Dion, les conservateurs ne sont pas favorables au protocole de Kyoto. D’une part, ils pensent que la bonne santé de l’économie prime sur les dégâts causés par les changements climatiques et qu’ils ne sont pas causés par l’action humaine. D’autre part, M. Harper a déjà déclaré qu’il ne voyait pas l’intérêt d’appliquer Kyoto si des pays en plein essor économique comme la Chine et l’Inde ne le faisaient pas.
Le premier ministre cherche en fait à voir augmenter le taux de croissance de son pays grâce à la richesse la plus rentable du Canada : les sables bitumineux d’Alberta. Les gisements de la province contiennent 1700 milliards de barils, soit cinq fois les réserves de l’Arabie Saoudite. Le bitume est extrait du sable, puis il est transformé en pétrole synthétique. Mais la production d’un baril est très coûteuse en énergie :
il faut retirer quatre tonnes de sables bitumineux du sol et utiliser deux à cinq barils d’eau, sans compter les émissions de GES. En ce moment, environ un million de barils sont produits chaque jour.
Pourtant, ce pétrole n’est pas majoritairement destiné à la consommation nationale. Les régions de l’est doivent importer leurs ressources du Proche-Orient et de la mer du Nord. Alors qui en sont les bénéficiaires ? Principalement les Etats-Unis d’Amérique (USA) et en moindre quantité la France, les Pays-Bas, la Chine et le Japon.
Depuis l’arrivée au pouvoir de M. Harper, les liens et les livraisons pétrolières sont au beau fixe avec les USA. Le pays de George W. Bush a tout intérêt à conserver cette bonne relation avec le Canada puisque cela lui évitera d’envoyer ses armées se battre pour les ressources pétrolières, en particulier au Moyen-Orient. De son côté, Stephen Harper a annoncé en septembre dernier à l’Economic Club de New York que le Canada sera devenu un des principaux producteurs de pétrole d’ici à 2015.
Afin de manifester leur nouvelle amitié pétrolière, les deux pays se sont réservés des accueils sans précédents lors de leurs visites respectives. En juin dernier, le premier ministre de l’Alberta était reçu par le vice-président des USA, Dick Cheney, pour discuter du développement de l’exploitation des sables bitumineux. Le mois suivant, c’était au tour du secrétaire américain à l’énergie de venir inspecter les exploitations albertaines pour la première fois. Stephen Harper ignore les défenseurs du protocole de Kyoto puisqu’il ne souhaite pas mettre en danger cet élan économique.
Cependant, même certaines personnes à l’origine de cet élan sont prêtes à faire des concessions environnementales. Plusieurs chefs d’entreprises canadiens, dont le patron de Suncor, un groupe gazier et pétrolier établi en Alberta, ont lancé une initiative nationale pour réduire les GES et promouvoir les technologies propres. Cette démarche consistera en une assemblée de 25 chefs d’entreprises qui aura pour mission de « contribuer à une démarche nationale en cours [afin] d’élaborer un plan complet et réaliste des gaz à effet de serre », selon un communiqué du Conseil canadien des chefs d’entreprises.
La décision d’un groupe pétrolier qui a fait un bénéfice net de 2,97 milliards de dollars en 2006 comme Suncor de se joindre à cette commission est-elle sincère ? La réponse semble incertain. En effet, Matthew Bramley, le directeur responsable du dossier du changement climatique pour l’Institut Pembina, a affirmé que le protocole de Kyoto pourrait être respecté par de grosses entreprises comme Suncor grâce à un plan basé sur la loi du pollueur payeur. Il leur en coûterait un dollar de plus par baril de pétrole produit. A la suite de cette annonce datant du mois dernier, le porte parole de Suncor, Gord Lambert, a expliqué que la réduction des GES avait un prix trop élevé pour l’entreprise.
Les institutions financières trouvent aussi leur mot à dire dans la bataille environnementale. La bourse de Toronto a demandé au gouvernement la création d’un marché du carbone au Canada, comme le prévoit le protocole de Kyoto. Ce marché permettrait aux entreprises qui ont diminué leurs émissions de GES de vendre leurs crédits superflus. Le ministère fédéral de l’Environnement doit poser les bases réglementaires de cette bourse pour qu’elle puisse voir le jour.
Toutefois, le gouvernement conservateur continue d’adopter la même tactique : retarder l’échéance de Kyoto. En effet, le mandat de Rona Ambrose en tant que ministre de l’Environnement a été plutôt chaotique. La jeune ministre est sur la même longueur d’ondes que Harper concernant le protocole. Elle a notamment conseillé l’ancien premier ministre de l’Alberta, Ralph Klein, qui s’est opposé à Kyoto.
En devenant chargée du programme de l’environnement du gouvernement Harper, Mme Ambrose a accepté une mission impossible. Comment réussir à manœuvrer contre le protocole sans conséquence, alors que son pays se doit de l’appliquer ? Elle a donc enchaîné les déclarations controversées affirmant que le Canada ne pouvait pas respecter le protocole. Elle a provoqué un tollé lors de son discours de la conférence de l’Organisation des Nations Unies sur les changements climatiques à Nairobi, où elle a accusé les libéraux de l’abandon des objectifs de Kyoto. L’organisme Réseau action climat a été jusqu’à demander la démission de la ministre de la présidence de la conférence.
En octobre dernier, son plan sur la qualité de l’air a été décrié par les trois partis d’opposition. Il proposait une réduction de 45 à 65 % des émissions de GES par rapport aux taux de 2003. Mais l’obligation pour les automobiles n’entrerait en vigueur qu’en 2010 et celle pour les entreprises industrielles en 2020. Des objectifs bien loin d’atteindre ceux de Kyoto.
Dans l’optique des prochaines élections fédérales, Stephen Harper a été forcé de changer de politique s’il voulait gagner des points dans l’opinion publique. Début janvier, un sondage de la firme Decima a révélé que 74 % des Canadiens pensaient que le gouvernement s’occupait mal de l’environnement. En Alberta, la région des sables bitumineux, 61 % des personnes interrogées étaient de cet avis.
Sans surprise, Stephen Harper a profité du remaniement de son cabinet ministériel en janvier pour remercier Mme Ambrose. Elle a été remplacée par John Baird, le président au conseil du trésor. Ce jeune politicien a déjà une dizaine d’années d’expérience dans des domaines variés dont l’environnement ne fait pas partie.
Sa déclaration du mois dernier démontre qu’il se situe dans la lignée conservatrice et que sa nomination est une fausse promesse de renouveau : « Le Canada n'a pas l'intention de participer à un marché du carbone à l'étranger et n'essaiera pas d'atteindre les objectifs de réduction de gaz à effet de serre (GES) que lui fixe le protocole de Kyoto. »
Néanmoins, M. Harper garde l’objectif électoral en tête ainsi que son opposant libéral Stéphane Dion, qui a fait de l’environnement une de ses priorités. Le chef libéral considère que « le Canada ne peut pas se payer le luxe de ne rien faire » et il va présenter son plan vert d’ici quelques jours pour contrer M. Harper.
Pour « reverdir » l’image conservatrice, Stephen Harper a choisi de faire miroiter des parts de l’Ecofiducie aux provinces. Ce programme dévoilé le mois dernier promet aux provinces 1,5 milliard de dollars à partager pour lutter contre les GES, à condition que le budget du gouvernement soit accepté le 19 mars. M. Harper a également récemment annoncé qu’il dévoilerait son plan contre le réchauffement climatique en avril.
En effet, la chambre des Communes, par un vote le 14 février dernier, a forcé le gouvernement à présenter une nouvelle feuille de route verte dans les soixante jours suivants. Les trois partis d’opposition ont appuyé le projet de loi du député libéral Pablo Rodriguez qui oblige le gouvernement à respecter Kyoto.
Toutefois l’approche imminente des élections a suffi au cabinet Harper pour améliorer sa position. Visionnaire, l’environnementaliste David Suzuki a déclaré en février : «Malgré ses sentiments à propos de l'environnement, croyez-moi, M. (Stephen) Harper va chanter la chanson verte lorsque viendront les élections.»
Nouvel album de Patrick Watson
Patrick Watson - Close to paradise
Comme dirait notre bon Michel Drucker : Patrick Watson, retenez bien ce nom car vous n’avez pas fini d’en entendre parler ! Le compagnon des dimanches interminables faisait cette déclaration fracassante à propos de Céline Dion, mais on ne lui en tiendra pas rigueur… Car oui, enfin ! Après nous avoir déversé ses chanteuses gueulardes et ses humoristes en tous genres, le Québec s’est décidé à nous envoyer ses meilleurs éléments musicaux. Les noms de Pierre Lapointe, Ariane Moffatt et Malajube doivent déjà vous évoquer quelque chose…
Mesdames, Messieurs, place maintenant au plus talentueux, créatif et poétique d’entre eux : j’ai nommé Patrick Watson !
Derrière le nom de son chanteur et parolier se cache en réalité un quatuor : le québécois Simon Angell, l’ukrainien Mishka Stein et le canadien suisse Robbie Kruger.
Un groupe aux origines diverses pour une musique aux influences multiples.
Etonnamment, Mr Watson cite en premier lieu la musique classique et plus particulièrement Eric Satie et Claude Debussy. Jeff Buckley suit, tout naturellement…La comparaison est inévitable : on croirait l’étoile filante américaine ressuscitée d’entre les morts lorsqu’on entend la voix du jeune montréalais et les ambiances dans lesquelles elle évolue.
Cependant, la ressemblance s’arrête là puisque Patrick Watson est, lui, parvenu jusqu’au cap du deuxième album avec la merveille Close to Paradise. Sorti en octobre 2006 sur le label naissant secret city records, cette nouvelle œuvre a été unanimement acclamée par la critique canadienne.
Et pour cause, on ne s’ennuie pas au paradis de Patrick Watson. Leur musique aérienne et rêveuse est d’une beauté saisissante. Possible bande originale d’un film de Tim Burton, ce petit goût de paradis musical étonne par sa richesse et ses atmosphères changeantes. Alors que la voix du chanteur rencontre des accords de piano mélancolique le temps de The great escape, Giver concrétise l’efficacité de la formation guitare, basse, batterie.
L’étonnante chanson Weight of the world renferme une palette de mondes fantastiques où l’on aperçoit Tom Waits et Portishead. Mr Tom, superbe ballade au piano, marque une pause au milieu de l’album, alors que Drifters nous égare au milieu d’une mer matérialisée dans un clip rétro, œuvre d’une amie de longue date, l’artiste Brigitte Henry. L’aspect vidéo fait partie intégrante du travail du groupe puisqu’ils jouent sur fond de projections lors de leurs concerts.
Patrick Watson affirme passer des heures à ciseler chaque détail de ses morceaux: le jeune homme n’exagère pas car les arrangements sont d’une richesse délicieuse. Un orchestre symphonique, les chœurs de Katie Moore et Liz Powell, les touches électro d’Amon Tobin et la foule de sons ajoutés par le groupe donnent un album qui se réinvente à chaque écoute.
Le groupe est promis à une carrière internationale et sachez qu’il s’en vient dans notre beau pays ! Patrick Watson sera en concert au Printemps de Bourges le 19 avril ,au VIP de Saint-Nazaire le 20 et au Trabendo le 21 avec Cinematic Orchestra, projet auquel participe le chanteur. Ils repassent ensuite à la Boule Noire le 15 mai en compagnie de Loney Dear.
On pourrait parler de ce disque pendant des lignes, mais je préfère vous inviter à vous attarder sur leur page myspace, à vous procurer l’album sur amazon.ca ou itunes et à vous rendre aux concerts dans les petites salles du Trabendo et de la Boule noire…avant qu’ils ne remplissent l’Olympia.
01 avril 2007
Rencontre avec des art-thérapeutes
Article pour l'atelier de presse écrite
Susan Baldwin, gravement blessée lors d’un accident de la route, a réussi à s’en sortir grâce à une forme de traitement encore peu connu du grand public. « La musicothérapie m’a aidé à exprimer ma douleur, à soulager mon inconscient », déclare-t-elle.
Cette femme enthousiaste de 62 ans était venue visiter hier la foire professionnelle organisée par l’Association des art-thérapeutes du Québec (AATQ) au Musée McCord afin de trouver une formation. Maintenant qu’elle est parvenue à se remettre sur pied grâce à l’apprentissage du violon et des tablas, Mme Baldwin a décidé d’entamer des études d’art-thérapie.
« Mon rêve, c’est d’avoir un diplôme avant mes 70 ans », confie-t-elle, souriante. Sur place, elle a pu discuter de son inscription avec un de ses futurs professeurs, Mme Debbie Carroll, pour le baccalauréat dispensé à l’Université du Québec à Montréal, qui propose une fusion entre la psychothérapie et le perfectionnement musical. Les finissants doivent être des multi-instrumentistes accomplis pour pouvoir s’adapter aux besoins de chaque patient.
Enfants ou adultes, les malades souffrent généralement d’un traumatisme comme celui subi par Mme Baldwin, ou encore de troubles mentaux ou physiques. « Le jeu musical peut nous révéler beaucoup sur nous-mêmes. Il permet aussi de faire un diagnostic sur l’état d’un patient, selon sa réaction face à l’instrument », explique Mme Carroll.
Le professeur a ensuite joint l’action à la parole puisqu’elle animait ensuite un atelier de thérapie musicale auquel Mme Baldwin s’est empressé de prendre part. Les sept participants ont joué une mélodie sur un xylophone qu’ils se passaient tour à tour. « On essaie d’accentuer les aspects positifs dans ces moments de partage », expliquait Mme Carroll.
De son côté, Yasmine Kendaizi, professeur de thérapie par le théâtre, représente l’université de Concordia qui a pour particularité d’être la seule à proposer une maîtrise en art-thérapie. Les étudiants restent en petits nombres, douze chaque année, pour bénéficier d’un encadrement constant. Ils peuvent faire leurs premières armes professionnelles au Centre de Développement Humain par les Arts de Concordia, où les patients participent aux programmes mis en place par les étudiants.
Face à une demande de plus en plus accrue, l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT) espère ouvrir une maîtrise francophone pour l’automne 2008, en plus de ces programmes qui accueillent déjà 200 étudiants. Cependant, la demande de l’UQAT doit encore obtenir l’approbation du ministère de l’Education alors que les gouvernements canadiens et états-uniens ne reconnaissent toujours pas le métier d’art-thérapeute.
M. Yvon Lamy, un des pionniers de la profession puisqu’il a fondé le Centre d’Apprentissage Parallèle (CAP) en 1985, déplore la situation. « Les corporations existantes de psychothérapeutes ne veulent pas nous intégrer car ils doutent de la crédibilité de notre démarche », dénonce-t-il. Toutefois, il se réjouit que l’AATQ se batte pour que son activité soit assimilée à une corporation déjà existante en tant que thérapie d’expression.
Dans l’attente d’une reconnaissance, il continue à aider des personnes qui sortent de l’hôpital avec des troubles psychologiques. Mme Baldwin, qui a bénéficié des programmes du CAP, ne tarit pas d’éloges sur M. Lamy dont elle suit maintenant les pas professionnels.



