23 avril 2007
Le premier mariage gai à Montréal
La première cérémonie unissant un couple gai à Montréal a eu lieu hier dans l’arrondissement de Ville-Marie.
« Je crois que vous êtes de grandes stars aujourd’hui! », a plaisanté le maire de l'arrondissement, Benoit Labonté, en anglais avec les jeunes mariés, Francesco Vidoni et Larry Pieters, avant de lire les articles du code civil concernant les droits et les devoirs conjugaux. Pour cette grande première, les mariés ont ensuite échangé consentements et anneaux sous l’œil des caméras de Radio Canada.
Le mariage des personnes de même sexe a été autorisé en 2005 par une loi fédérale sur la charte des droits. À l’initiative de Martin Cauchon, cette loi avait été acceptée sous le gouvernement libéral Martin. Le Premier ministre actuel, Stephen Harper, a essayé de la modifier en la remettant à l’ordre du jour, mais elle a été maintenue.
La cérémonie des deux jeunes hommes de 25 et 37 ans s’est déroulée uniquement en anglais. En effet, au Québec, les futurs époux ont droit à un mariage dans leur langue d’origine, où seuls les papiers officiels doivent être en français. « Le premier couple de la matinée était serbe et si je parlais cette langue, ils auraient pu être marié en serbe », explique le maire Labonté.
« Le mariage par les maires rend la fonction plus humaine », juge Jean –Yves Duthel, le directeur des affaires publiques et des relations avec les citoyens de la mairie. Grâce à la modification du code civil en 2004, les maires ont le droit de demander un certificat permanent qui leur permet de célébrer des mariages en tout temps. Auparavant, un citoyen avait la possibilité de présider une seule union s’il en faisait la demande au Palais de justice. « J’ai moi-même marié ma fille », confie M. Duthel.
« Chaque citoyen a le droit de se marier sans discrimination. C’est un service qu’on doit offrir à la population », ajoute Benoît Labonté. Le maire de Ville-Marie, qui se déclare en faveur du mariage gai, pense que la cérémonie en mairie est une option mitoyenne entre l’église et le palais de justice. « Ça a un côté plus convivial, plus humain », estime-t-il.
Cette nouvelle habitude n’est pas encore rentrée dans les mœurs puisque seuls les maires d’Outremont, de Villeray et de Ville-Marie ont fait la démarche pour obtenir le droit permanent de marier. Les unions ne sont prévues que le dernier samedi du mois à Ville-Marie, car le nombre de demandes restent raisonnables : dix-sept mariages sont prévus d’ici le mois de juin, dont un gai.
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