01 avril 2007
Rencontre avec des art-thérapeutes
Article pour l'atelier de presse écrite
Susan Baldwin, gravement blessée lors d’un accident de la route, a réussi à s’en sortir grâce à une forme de traitement encore peu connu du grand public. « La musicothérapie m’a aidé à exprimer ma douleur, à soulager mon inconscient », déclare-t-elle.
Cette femme enthousiaste de 62 ans était venue visiter hier la foire professionnelle organisée par l’Association des art-thérapeutes du Québec (AATQ) au Musée McCord afin de trouver une formation. Maintenant qu’elle est parvenue à se remettre sur pied grâce à l’apprentissage du violon et des tablas, Mme Baldwin a décidé d’entamer des études d’art-thérapie.
« Mon rêve, c’est d’avoir un diplôme avant mes 70 ans », confie-t-elle, souriante. Sur place, elle a pu discuter de son inscription avec un de ses futurs professeurs, Mme Debbie Carroll, pour le baccalauréat dispensé à l’Université du Québec à Montréal, qui propose une fusion entre la psychothérapie et le perfectionnement musical. Les finissants doivent être des multi-instrumentistes accomplis pour pouvoir s’adapter aux besoins de chaque patient.
Enfants ou adultes, les malades souffrent généralement d’un traumatisme comme celui subi par Mme Baldwin, ou encore de troubles mentaux ou physiques. « Le jeu musical peut nous révéler beaucoup sur nous-mêmes. Il permet aussi de faire un diagnostic sur l’état d’un patient, selon sa réaction face à l’instrument », explique Mme Carroll.
Le professeur a ensuite joint l’action à la parole puisqu’elle animait ensuite un atelier de thérapie musicale auquel Mme Baldwin s’est empressé de prendre part. Les sept participants ont joué une mélodie sur un xylophone qu’ils se passaient tour à tour. « On essaie d’accentuer les aspects positifs dans ces moments de partage », expliquait Mme Carroll.
De son côté, Yasmine Kendaizi, professeur de thérapie par le théâtre, représente l’université de Concordia qui a pour particularité d’être la seule à proposer une maîtrise en art-thérapie. Les étudiants restent en petits nombres, douze chaque année, pour bénéficier d’un encadrement constant. Ils peuvent faire leurs premières armes professionnelles au Centre de Développement Humain par les Arts de Concordia, où les patients participent aux programmes mis en place par les étudiants.
Face à une demande de plus en plus accrue, l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT) espère ouvrir une maîtrise francophone pour l’automne 2008, en plus de ces programmes qui accueillent déjà 200 étudiants. Cependant, la demande de l’UQAT doit encore obtenir l’approbation du ministère de l’Education alors que les gouvernements canadiens et états-uniens ne reconnaissent toujours pas le métier d’art-thérapeute.
M. Yvon Lamy, un des pionniers de la profession puisqu’il a fondé le Centre d’Apprentissage Parallèle (CAP) en 1985, déplore la situation. « Les corporations existantes de psychothérapeutes ne veulent pas nous intégrer car ils doutent de la crédibilité de notre démarche », dénonce-t-il. Toutefois, il se réjouit que l’AATQ se batte pour que son activité soit assimilée à une corporation déjà existante en tant que thérapie d’expression.
Dans l’attente d’une reconnaissance, il continue à aider des personnes qui sortent de l’hôpital avec des troubles psychologiques. Mme Baldwin, qui a bénéficié des programmes du CAP, ne tarit pas d’éloges sur M. Lamy dont elle suit maintenant les pas professionnels.
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