25 mars 2007
Article sur la campagne électorale québécoise pour Le Reporter
Les partis politiques partent à l'assaut d'internet
Alors qu’il ne leur reste plus qu’un mois pour convaincre les électeurs avant le 26 mars, les trois grands partis québécois développent le contact avec les électeurs sur leurs sites internet grâce aux technologies multimédia.
Les élections au Québec, déclenchées mercredi dernier par le Premier ministre Jean Charest, sont marquées par l’arrivée d’un nouveau média : Internet. Ainsi, l’opération de séduction de la population vient de s’installer sur les sites Web du Parti Libéral du Québec (PLQ), du Parti Québécois (PQ) et de l’Action Démocratique du Québec (ADQ).
Internet permet ainsi aux partis et à ses électeurs potentiels d’établir un lien direct à chaque instant au travers de blogues, de vidéos et d’enregistrements audio. Le PLQ saisit cette occasion en ponctuant son blogue de vidéos qui mettent en scène tous les ministres de son gouvernement. Chacun récapitule ses réalisations passées et ses souhaits pour l’avenir en s’adressant directement à la caméra, comme s’il se trouvait réellement en face de l’internaute.
L’accueil du site de Mario Dumont utilise le même procédé avec une vidéo qui se déclenche automatiquement. À chaque retour sur la page principale, le visiteur tombe nez à nez avec le chef de l’ADQ en train de critiquer le gouvernement libéral. Toutefois, le multimédia est nettement moins mis à contribution que chez les libéraux : le site se résume presqu’uniquement aux trois vidéos de M. Dumont.
Le passage à la vidéo n’a toutefois pas été concluant pour tous. Selon la Presse, le site bondebarras.tv, autorisé et payé par le PQ depuis la mi-février, a été retiré de la toile à cause de critiques de la Fédération des Femmes du Québec (FFQ). L’objet du litige était une vidéo mettant en scène une femme qui feignait de se plaindre de sa relation avec son conjoint, sous-entendu Jean Charest lui-même. « Un jour, je me suis rendue compte qu’il me mentait. Ça fait quatre ans que ça dure », expliquait la jeune femme.
Le PQ se rattrape sur le média audio en lançant sa propre radio sur le net, « radio PQ ». Un animateur présente les déclarations du chef du parti, André Boisclair, sous la forme d’un bulletin de nouvelles.
Le PLQ et le PQ se servent également des plateformes de discussion qui permettent aux électeurs de laisser leurs commentaires sur le programme des partis ou les messages du blogue. Celui du PLQ se veut accueillant : « Vous êtes donc cordialement et officiellement invités à y participer car après tout, ce sont vos blogues! ».
Le parti libéral, lui, annonce les « règles du jeu » dès l’accueil : le site se réserve le droit de choisir les commentaires mis en ligne afin « d’exclure les propos disgracieux ». Même s’il est stipulé que « les opinions divergentes sont les bienvenues », on ne trouve aucune critique des choix politiques du parti sur un sujet aussi polémique que le dégel des frais de scolarités.



