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Les articles d'une apprenti journaliste

02 mars 2007

L'exposition Mines d'ordures à la Tohu à Montréal

Article écrit pour l'atelier de presse écrite en cours de journalisme

« La rencontre avec les recycleurs a été l’expérience humaine la plus forte de ma vie, la plus éprouvante aussi », explique Paul-Antoine Pichard.

Ce photographe français a effectué un périple de trois ans à travers le Cambodge, l’Indonésie, les Philippines, le Sénégal, l’Inde et le Mexique à la rencontre des hommes et des femmes qui vivent dans des dépotoirs. Il en rapporte une série de photographies d’une beauté troublante qui dépeint l’horreur dans laquelle ces gens sont plongés quotidiennement. Son exposition, Mines d’ordures, est présentée à la Tohu jusqu’au 10 mars.

Au travers de cette exposition, le photographe témoigne d’abord de rencontres humaines avec des personnes qui luttent pour leur survie, perdues au milieu de tonnes d’ordures.  Il met ses images en perspective grâce à des commentaires qui dévoilent une réalité terrifiante. « Il arrive que l’on découvre des fœtus humains en ouvrant un sac», rapporte-t-il.

L’artiste tente aussi de prendre le spectateur à parti en le sensibilisant au danger auxquels ces « scavengers », autrement dit nécrophages, sont confrontés. Il parle de la Kwashiorkor, une maladie due à la malnutrition, ou du meurtre d’une famille dont le père avait trouvé un sac contenant plusieurs millions de roupies. « N’oublie pas que l’on souffre ici », lui demande un homme qui travaille dans les dépotoirs.

« Cette exposition est une véritable remise en question», pense Diane Bourque, venue visitée l’exposition. « Je suis choqué qu’il y ait encore des choses comme cela de nos jours », renchérit Gilles, son coinjoint. Ils ont tous les deux étés très touché par les conditions de travail de ces gens forcés de travailler jour et nuit pour pouvoir se nourrir.

Paul-Antoine Pichard constate un des obstacles majeurs au changement : le recyclage en tout genre rapporte plus que beaucoup d’autres activités. Ainsi, des professeurs abandonnent leur vocation première pour subvenir aux besoins de leur famille dans les dépotoirs. Un de ces enseignants s’inquiète: « Si nous ne pouvons plus transmettre notre savoir aux enfants, qui le fera? ».

Ces êtres humains, en plus de boire de l’eau polluée par des toxines et de dormir sous des cartons, doivent faire face à une rude concurrence. Des photos montrent des hommes et des enfants en train de fouiller des monceaux de déchets côte à côte avec des chiens errants, quand des hordes de mouches et d’asticots n’essaient pas de s’agglutiner sur leurs trouvailles.

Les photos, qui mettent l’accent sur la lumière et sur les expressions des hommes, donnent au spectateur un sentiment paradoxal puisqu’il en vient à trouver belle la saleté et les déchets. « Les photos sont superbes et tout le monde devrait voir cette exposition », affirme Diane. Mais, aussi étonnant que cela puisse paraître, Paul-Antoine Pichard déclare ne pas avoir de méthode. « Je photographie ce qui m’interpelle », avoue-t-il.

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Chronique du nouvel EP de Mansfield Tya

Mansfield Tya - Fuck

Photo non disponible

Soyons honnêtes les rééditions agrémentées un EP sont souvent une arnaque pour fans, un coup de la maison de disque pour nous faire racheter le cd avec un inédit et 5 versions live d’une pertinence douteuse. Devant une telle proposition, un choix s’impose à chacun de nous : résister et se procurer les titres d’une manière peu légale ou laisser parler son amour pour le groupe et au passage notre tendance à l’achat compulsif de disques.

On pourra dire que je suis mauvaise langue car Fuck est aussi disponible chez Wonderground Asso (plus d’infos sur manfieldtya.free.fr). Cependant, j’ai quelque réticence à envoyer un chèque dans la ville bien connue de Couëron (dans les environs de Nantes pour votre culture géographique) et d’espérer peut-être indéfiniment l’arrivée de ces nouveaux morceaux tant attendus…Cela dit, ça n’engage que moi bien sûr, mais qui n’a jamais été traumatisé par la poste, je vous le demande ?

J’en profite pour vous rappeler que June, le magnifique premier album de Mansfield Tya sorti en octobre 2005, a propulsé le groupe parmi les « révélations » du rock français avec une apparition sur la compilation Indétendances de la Fnac, un passage remarqué au festival des Inaperçus et un accueil chaleureux d’un public de plus en plus nombreux.
Les deux jeunes femmes sont maintenant en pleine préparation du second album. Cet EP marque donc un tournant entre les deux opus.

Une question fort angoissante s’impose : ce disque, comme nombre d’EPs, est-il un autre mini fourre-tout ?
Hé bien non, sans toutefois atteindre la perfection.

Il contient tout d’abord deux titres du ciné-concert de 2004 : le film de Jean Genet, Un chant d’amour, était accompagné d’une musique composée par les deux Nantaises pour l’occasion. L’instrumental qui ouvre ce cd, nommé d’après le film, est extraordinaire et d’une puissance remarquable, tout à fait caractéristique du son doux et torturé ciselé sur June. Quatre minutes à vous faire pleurer, rêver, danser, imaginer…tout sauf rester de marbre.
C’est malheureusement moins le cas pour la chanson La cour de l’est où l’on sent Mansfield Tya qui se cherche. Ce morceau très court perd probablement de son intérêt dépourvu du film.
On regrettera d’ailleurs qu’il n’y ait pas d’extraits vidéo de ce ciné-concert sur l’EP.

L’autre pièce majeure du disque est la reprise de Dominique A, En secret. Cette chanson une nouvelle fois très sombre se retrouve merveilleusement servie par la voix un brin éraillé de Julia alors que le texte tourmenté est mis en valeur par les cordes de Carla. Une perle noire.

I love you goodbye, jolie petite chanson, se rapproche d’une comptine qui rappellera de bons souvenirs à ceux qui ont vu les deux demoiselles en concert, puisqu’elle faisait souvent office de rappel.

Les titres live, voilà donc le point faible de cet EP. L’interprétation des morceaux est presque identique à celle de l’album, ce qui s’avère d’autant plus décevant que, pour avoir vu le groupe plusieurs fois en concert, les chansons y prennent la plupart du temps une dimension beaucoup plus puissante. Leur prestation magistrale d’octobre dernier à Montréal en était une preuve irréfutable. Malheureusement, ces versions sages ne rendent pas du tout justice à l’atmosphère des performances des deux jeunes femmes. On se consolera en écoutant la superbe ballade douce amère Mon amoureuse dont le texte est de toute beauté.

Malgré tout, les meilleurs morceaux de ce disque reste indispensables pour les amateurs du groupe. Les autres seraient bien avisés de se procurer June et son EP pour ne pas passer à côté d’un des groupes français les plus ensorcelants et prometteurs.

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Première chronique sur www.mygmusique.com

Osheaga festival
Montreal - 2 septembre 2006

Photo non disponible

La grande cité québécoise accueille de nombreux festivals de renommée internationale tout au long de l’été. Vous avez sûrement déjà entendu parler de son festival de Jazz ou des Francofolies, n’est-ce pas ? Cette année, un petit nouveau se joint à la fête : le festival Musiques et Arts d’Osheaga.

Ils sont forts ces québécois, très forts…Voilà ce que peut vous dire la nouvelle émigrée que je suis et qui a la chance inouïe d’arriver la première année de ce festival Musiques et Arts Osheaga. On serait en mesure de s’attendre à quelques ratés dans l’organisation, bien compréhensibles lors d’un évènement encore balbutiant. Point du tout ! Nous petits français et notre chauvinisme pouvons aller nous rhabiller !

En effet je n’ai fait que d’aller de surprises en surprises : avez-vous déjà franchi l’entrée d’un festival en moins de trente secondes, vous ? Sur les lieux une petite demi-heure avant le début des hostilités, je passe les contrôles des sacs et des tickets incrédule avant d’attraper une belle brochure cartonnée rassemblant toutes les infos sur les artistes. Le parc Jean Drapeau, situé sur une île au sud de Montréal, semble avoir été fait pour accueillir ce festival. Les trois scènes sont intelligemment agencées entre pelouses, arbres et plans d’eau. On aurait presque pu voir un petit écureuil secouer la tête sur les rythmes les plus enragés de cette journée !
Pas besoin de faire des kilomètres entre les scènes : ce festival se veut à taille humaine et il ne prévoit d’accueillir que 25 000 personnes en deux jours.

De jeunes bénévoles parcourent le site avec des bouteilles d’eau, d’autres ramassent les ordures, des poubelles de recyclage sont disséminées de-ci de-là, on peut même écrire un email à sa grand-mère au café Internet ! Les animations ne sont pas en reste : le salon des arts propose une exposition de peintures et collages ainsi qu’une foule d’évènements tout au long de la journée. Ca a l’air fort sympathique tout ça me direz-vous, cela dit c’est bien loin et même inatteignable à partir de notre belle Normandie. Je vous propose donc un petit effort d’imagination pour que nous nous rendions ensemble sur l’île Sainte-Hélène en ce samedi nuageux mais sec.

Une trentaine de groupes par jour à l’affiche, ça c’est du solide. Vous parlez de la vingtaine de groupes que j’ai pu voir, ça c’est long. Soyons donc concis.

La programmation laisse une belle part à la scène locale et j’entame mon marathon musical par les Crystal Clyffs. Quelques ambiances sympathiques, du rock honnête pas franchement aidé par une chanteuse qui doit plus passer son temps à peaufiner son look de sosie de Kate Moss que son chant. Je me dirige donc vers la scène des arbres où Mission District, cinq garçons dans le vent, montre l’étendue de son ambition grâce à des compositions fort efficaces dans la veine des groupes à la mode. Bloc Party et compagnie ça doit vous évoquer quelque chose… Un peu plus loin, les frères et sœurs de Magic numbers distillent leurs chansons entraînantes ou mélancoliques à grand renfort d’harmonies vocales des plus réussies sur l’une des doubles scènes principales. Hé oui, comme je vous le disais, ils sont malins ces québécois ! Lorsqu’un groupe joue sur la scène de la rivière, l’autre se prépare à enchaîner sur la scène de la montagne…plus d’attente interminable, que du bonheur !

S’en vient Joseph Arthur qui réussit un tour de force qui m’étonnera toujours : subjuguer une foule par la beauté de ses chansons seul avec une guitare et un harmonica. Celles-ci prennent toute leur dimension en live, le final « In the Sun » en est une preuve évidente. Une trop courte demi-heure plus tard, j’aperçois Yoav sur la petite scène dont le chant plaintif me fait prendre mes jambes à mon cou. Il est trop tard pour les Hushpuppies et de toute façon, je n’ai pas traversé l’Atlantique pour finir par écouter des petits gars du Gibus ! Direction World Party, groupe recommandé par Joseph Arthur quelques minutes plus tôt. Les messieurs ont apparemment de la bouteille et leur musique mélange d’influence des années 50 et 60 avec du violon et de l’accordéon sonne délicieusement à nos oreilles. Chapeau à ce mariage réussi ! Malheureusement seuls quelques festivaliers profitent du spectacle alors que la majorité se masse devant l’autre scène pour attendre une gloire locale : Vulgaires Machins. La brochure fait l’éloge de leurs textes corrosifs : hé bien croyons-les sur parole car le son est si mauvais que je distingue à peine la langue dans laquelle il s’exprime. Les voix sont écrasées par des riffs néo-punks sans grande saveur. Je vous épargne les groupes anecdotiques qui se produisent pendant l’heure suivante.

Passons à l’un des meilleurs concerts de ce samedi : Dinosaur Jr. Pendant les trois-quarts d’heure dont ils ont disposé, les trois hommes ont envoyé un rock garage percutant entre solos jouissifs et parties chantées épatantes. Quel bonheur de voir un groupe qui n’a pas besoin d’en faire trois tonnes, de faire appel à deux stylistes avant de se pointer sur une scène et qui balance une telle énergie !

Après cette méchante claque, je prête une oreille distraite à Malajube, des petits québécois qui font sautiller les jeunes avec leurs chansons joyeuses et sympathiques. Je croise sur mon chemin The Colour vers la fin de leur set. Ce quintet de Los Angeles, qui semble tout droit sorti du film « Presque Célèbre », livre une très bonne prestation avec leurs compos très 70’s, look oblige. Je tend une oreille vers We are wolves, trois zigotos affublés d’une espèce d’œuf avec un oiseau sur le tout, totalement indescriptible. Leur rock-électro semble appréciable mais je ne peux pas résister à l’envie de découvrir Metric sur la grande scène. La blonde chanteuse mène tout ce petit monde de main de maître, tantôt blaguant avec le public, l’entraînant à danser, tantôt orientant son groupe vers la nouvelle direction musicale à prendre. Personne ne lui résiste, la foule est conquise ainsi que le rappeur K-Os qui nous avoue avoir eu un « crush ». Je ne suis pas fan de rap (hé oui ça arrive…) mais comment ne pas être impressionné par le mélange improbable et pourtant gagnant du flow du rappeur avec des ambiances musicales aussi différentes que le rock, le reggae, le métal ou le jazz. Le groupe qui l’accompagne, dont il faut saluer la prestation, n’y est certainement pas étranger. Ce jeune homme de Toronto est à suivre ! Je ne m’attarderai pas sur la électro lourde et ennuyeuse d’Amon Tobin poussée à un niveau sonore insoutenable. Existe-t-il une législation concernant les décibels dans ce pays, telle est la question…

J’entends de loin la voix irritante du chanteur de Clap your hands say yeah car le premier rang s’impose pour Sonic Youth. Après avoir patienté une bonne heure dans le froid (il fait déjà froid début septembre dans ce pays, c’est bien parti !), voilà enfin les cinq musiciens tant attendus ! J’oublie le froid, la fatigue, le mal aux pieds pendant une heure et quart alors qu’un sourire extatique se dessine sur mon visage. Ils enchaînent principalement les compositions de leur dernier album en date Rather Ripped. : « Reena », « Incinerate », « What a waste », « Do you believe in rapture ? », toutefois sans oublier de faire plaisir aux anciens fans lors du rappel avec quelques titres des albums précédents. Kim Gordon est déchaînée : elle danse et se tortille dans tous les coins de la scène dès qu’elle lâche sa basse. Thurston Moore, égal à lui-même, est très loquace et nous fait part des concerts qu’il a aimé lors de cette journée. Ce set, toujours empreint d’une énergie fulgurante, s’inscrit dans la lignée de leur dernier album : beaucoup plus pop et abordable. Presque pas de triturages d’instruments ou de combats de guitares Moore vs Ranaldo. Peu importe, voilà une nouvelle preuve que Sonic Youth est un grand groupe et qu’il parvient à sortir de ses recettes habituelles avec brio.


Le bilan est on ne peut plus positif pour cette première édition : une programmation digne d’un grand festival, un site parfaitement aménagé et une organisation impressionnante…En bonne française, je dois absolument trouver quelque chose à critiquer…c’est vrai que des écrans géants pour les grandes scènes ce serait pas mal tout bien réfléchi.
Ma réputation sauve, je ne peux que souhaiter d’être encore dans la belle ville de Montréal l’année prochaine pour assister à la suite des aventures d’Osheaga.

Posté par Melissablog à 04:37 - Articles de la Mygale - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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