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Les articles d'une apprenti journaliste

27 avril 2008

Psykup - Chaville

Psykup
Chaville - MJC La Salamandre - 12/04/08

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Une soirée, la banlieue ouest de Paris, deux groupes : un choix.

Lofofora, une notoriété installée, un Élysée Montmartre en juin prochain, 6 albums studios au compteur.
Psykup, groupe toulousain, méconnu dans le 92, la troisième livraison encore chaude.
Clamart ou Chaville, la proche banlieue ou ses méandres.

10 raisons pour lesquelles il ne fallait pas choisir la facilité.

1.   Un style unique. On ne peut pas dire : « Mais si, tu sais, Psykup, ça sonne comme ce groupe-là… ». Non, on ne peut pas. Psykup, c’est un métal métissé, sans concession, qui dépasse les limites du genre.

2.   L’accessibilité musicale opère sur scène. Bonheur pour l’auditeur, Psykup cultive son originalité, quitte à se faire désirer et à laisser des amateurs potentiels sur le carreau…en tous les cas, sur disque. Les sauts de puce entre les styles passent comme sur des roulettes en live, laissant le spectateur ébahi par :

3.   Le niveau musical de chaque musicien, soit Julien, (chant/ guitare), MiLKa (chant/ triton), Vidda (guitare), Pelo (basse) et Brice (batterie). L’union et la complicité évidentes entre les cinq musiciens se transforment en une force qui s’allie à une technique musicale épatante.

4.   Un groupe en progression constante : le chant, le jeu de scène, les nouveaux morceaux et même les blagues d’interludes, un détail se sera amélioré au prochain concert de Psykup. Inattendu et surprenant.

5.   Une setlist trop belle pour être vraie. Entre les plus réussies des deux premiers albums (Love is dead, L’autruche, Libido, Rock’n’roll assistance) et les petites nouvelles (‘Birdy’, ‘Color me blood red’), le public de Chaville n’a pas eu le droit à une minute de répit.

6.   La reprise. Comme tout bon groupe qui se respecte, les cinq ont fait la quasi traditionnelle reprise en dernier rappel. En l’occurrence, ‘Mean Machine’ de Sugar Ray.

7.   L’humour est inclus au menu. Vous en connaissez beaucoup des groupes qui se fendent d’un sketch au milieu d’une de leurs compositions ?
Le temps, en réalité la chanson « L’autruche », s’arrête pour laisser la place
à :
MiLKa, en Philippe Manœuvre, lunettes noires à l’appui et Julien, pour l’occasion tantôt nommé Bernard, tantôt Victor, candidat en sursis à la Nouvelle Star. Une interprétation Julien Doresque d’ ‘Au clair de la lune’ et le jugement impitoyable de Vidda Lio et Pelo Manoukian.
Et c’est « L’autruche » qui redémarre.

8.   Les éclairages. Superbes, ils accompagnaient à merveille le flot de la musique. Coup de chapeau à l’ingénieur lumières de cette soirée, Mathieu Sainty, qui connaît chaque note de Psykup sur le bout des spots.

9.   L’accessibilité, encore, mais financière cette fois : une des rares occasions de pouvoir profiter d’un excellent groupe dans une salle à taille humaine à un prix raisonnable. Surtout, pourquoi prendre une place pour Céline Dion à Bercy quand cela permet d’assister à 20 concerts de Psykup ?

10.   La raison 10.
A vous de la trouver lors du prochain concert !

A cet effet, le rappel des dates :

25/04 - LYON - Reperkusound festival (+ INFECTIOUS GROOVE + SICK OF IT ALL + ETHS + AQME…)
03/05 - ENTRAIGUES (38) – Mjc
10/05 - CHATEAUDUN (28) - Espace Malraux (+ LOFOFORA + THE ARRS)
16/05 - SAVIGNY LE TEMPLE (77) - L'Empreinte (+ TREPONEM PAL)
29/05 – LILLE (59) – Le Splendid (+ LOFOFORA + BLACK BOMB A + TREPONEM PAL)
06/06 - COGNAC (16) - Westrock


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25 septembre 2007

Rock en seine 2007
Parc de Saint-Cloud - 24,25 et 26 août 2007

Photo non disponible

Bain de boue, soleil et humeur parisienne : rock en seine 2007 est fini, vive rock en seine! Le festival est désormais un des poids lourds de l’été et déroule ses rendez-vous artistiques sur trois jours pour la première fois cette année.

Une réussite en demi-teinte puisque les festivaliers ne sont pas venus en nombre suffisants pour que les organisateurs rentrent dans leurs fonds, probablement en partie à cause d’une programmation très inégale.

Pour preuve, un vendredi avec de très bons concerts et un dimanche où l’on erre de scène en scène pour trouver quelque chose d’intéressant. Regardons cela de plus près.


Vendredi 24 août

Les valeurs sûres de la journée

- Biffy Clyro : le trio écossais détruit toujours tout sur son passage avec des compositions puissantes, intelligentes qui traversent un passage doux pour se déchaîner sur le couplet. Les premier slammeurs de la journée se tortillent tant bien que mal sur les morceaux des albums, « Vertigo of Bliss » et « Puzzle » qui rapellent parfois la rage de Nirvana.

- Dinosaur Jr se balade dans les horaires du vendredi, si bien qu’on aurait aussi pu voir Rock’n’roll. On a échappé aux jeunes français pour profiter d’un concert un peu inégal, mais tout de même jouissif.

- The Hives balancent tubes et chansons aux vertus énergétiques sur la grande scène, histoire de réveiller le public plein de boue en fin de journée. Le chanteur au prénom génial, Pelle Almqvist, est omniprésent au risque d’effacer un peu le reste du groupe. Il court dans tous les sens, s’accroche aux barrières, prend des bains de foule agrippés aux vigiles, et sort des phrases d’une modestie rare entre chaque chanson, qui ont pour avantage de marquer les esprits : « Je suis d’accord avec moi et quand Pelle Almqvist est d’accord avec lui-même, c’est carrément génial! ». Ok.


La découverte du jour


Les français de Hey Hey My My. Le groupe composé de 4 jeunes hommes s’avancent un peu timidement devant l’enjeu de ce gros festival, mais finissent par se lâcher et mettre une ambiance sympathique et joyeuse. Leurs jolies compositions très pop rappelle l’influence internationale des Beatles, pour preuve le T-shirt Paul, John, George & Ringo d’un des guitaristes. Un concert plein de bonne humeur et de belles mélodies à poursuivre sur leur disque éponyme.


Franchement z'avez rien loupé

- Emilie Simon décevante avec une mauvaise set list et sa reprise de "I wanna be your dog " qui fait bien pâle figure en comparaison de l’originale, la voix gniangian et une sensation d’entendre presque la même chanson pendant les ¾ d’heure de set. Pourtant, le public venu voir la demoiselle en masse semble adhérer.

- MIA ou deux jeunes femmes qui rappelle sérieusement Véronique et Davina en pleine séance d’exercices. Des tenues dorées ultra kistch et moulantes pour du rap électro pas passionnant. Et 1, je cours d’un coté de la scène, et 2, je lève la jambe droite, et 3, je secoue le bras gauche, 4, je recommence. Logiquement, ça fatigue vite.

Et enfin le trophée du meilleur concert revient à
Arcade Fire. Sans grande surprise. Les montréalais nous ont réjoui avec beaucoup de titres de leur deuxième album, Neon Bible, et les meilleures chansons du premier. Les interprétations, qui collent aux versions studios, se retrouvent sublimées par la belle énergie d’un groupe transporté par la musique.

Samedi 25 août

Il ne fallait pas manquer

- CSS. Le groupe brésilien a soulevé rock en seine ce samedi-là. La chanteuse moulée dans une combinaison multicolore aux formes psychédéliques et ses petites (et son petit) camarades ont mis tout le monde de bonne humeur avec leurs tubes « Alala » ou « Let’s make love and listen to death from above ». Une bouffée de fraîcheur dans cette journée.

- Très bonne surprise que de retrouver les américains de Tool à rock en seine. Les quatre musiciens talentueux montent sur scène à 22h30 pour une bonne heure et demie de métal inquiétant et planant. Le groupe laisse toujours la part belle à la vidéo, avec comme temps forts des clips à l’esthétique très travaillée, pour « Schism » par exemple.

Très bon ce concert

- L’ancien leader de Pulp, Jarvis Cocker, investit la grande scène en fin d’après-midi et il avait apparemment beaucoup de choses à nous dire. Expatrié en France depuis quelques années, il en a profité pour livrer une foule d’anecdotes entre chaque morceau et en français dans le texte. Au final, c’est bien le charisme du bonhomme qui le sauve car ses chansons sont agréables sans plus, mais on ressort quand même avec une très bonne impression.

Sympa parce que

- ça fait plaisir de réentendre les tubes des Rita Mitsouko, de très bonnes chansons. Les nouvelles compositions semblent pâlichones à côté.

- Pravda fait rire, comme ces nouveaux groupes français qui exploitent à fond ce qui a déjà été fait précédemment et qui ont l’air de se trouver super cool.

- Le concert de The fratellis nous a permis de savoir enfin de qui était la chanson de la pub Ipod, un bon single d’ailleurs, à l’image du rock enlevé et sympathique des trois garçons, un style qui rappelle les anglais de Little Barrie.

On aurait pu s’endormir, mais on l’a pas fait parce qu’on est tellement sympa à

- The Jesus and mary chain ou la reformation d’un groupe qui doit avoir besoin d’argent. C’est en tout cas l’impression qu’ils ont donné en affichant une tête d’enterrement et en enchaînant les chansons le plus rapidement possible sans adresser un mot au public.

- Cold war Kids qui avait la lourde et triste tâche de remplacer Amy Winehouse, une des têtes d’affiches du festival. Du pop-rock ennuyant comme on peut en écouter sur de grandes stations de radio dont on ne citera pas les noms.

Dimanche 26 août

Un bon point pour

- Bat for lashes, la formation de Natasha Khan. Elle et ses copines, comme sorties d’un conte de fées, ont ravi rock en seine avec de belles mélodies servies par de multiples instruments. En conclusion, le dernier single en date qui a fini de jeter un sort au public : « What’s a girl to do ».

- Kings of leon, qui ont bien changé depuis leur premier album. Non, je ne parle pas du chanteur qui s’est coupé les cheveux, mais du style musical du groupe beaucoup plus accessible. Un concert taillé pour le cadre du festival, autrement dit pour le plus grand nombre. Les Kings of Leon ont peut-être perdu un peu d’âme au passage, mais leur prestation reste distrayante et efficace malgré un abus évident de substances plus ou moins licites.


Sélection exhaustive et donc injuste de groupes très bien pour s’asseoir et manger des frites ce jour-là :

- Devotchka ne réussit pas le passage du disque au festival. Le concert sonne comme un mélange entre la country et des violons pleureurs. On s’en tiendra au cd.

- Faithless joue en fin d’après-midi sur la grande scène alors qu’il fait encore jour…une erreur de programmation semble-t-il. Le groupe électro aurait pu être plaisant pour transformer rock en seine en piste de danse géante à la fin de la journée, une fois la nuit bien avancée. Mais cet ambiance boîte de nuit avant la très attendue Bjork ennuie ferme.

- Craig armstrong, qui est sûrement très doué pour faire des musiques de films, a été tout aussi doué pour nous endormir avant la grande messe de la petite islandaise. Sûrement en partie la faute à l’impatience face au spectacle qui s’annonce, on a l’impression d’entendre la bande son d’un ascenseur qui monte sans fin.

La découverte

- L’incroyable fusion d’une épopée tennistique et de la musique existe désormais sous le nom de Housse de racket. Ce jeune groupe français a bien profité de l’annulation du buzz The Horrors pour convaincre une bonne partie des festivaliers. Un son eighties avec des synthés qui rappellent les génériques de dessins animés de cette époque, une bonne dose d’humour et de dérision, la maîtrise de leurs instruments, le charisme des deux chanteurs : voilà le cocktail énergétique gagnant des membres de Housse de Racket, dont vous allez entendre parler cet automne, puisqu’un engouement médiatique mérité commence à les pousser sous les projecteurs.

Un autre monde

- Bjork arrive sur scène meringuée dans une tenue dorée et accompagnée d’une section de cuivres au déguisement improbable, en plus d’un claviériste et d’une tripotée de DJs. La demoiselle cultive toujours son originalité, parfois frôlant les frontières de l’absurde, mais la recherche musicale de ses chansons et la maîtrise, la puissance de sa voix se confirment autant sur scène que sur disque. Alternant singles et titres plus confidentiels, elle a fait plaisir à un parc de Saint-Cloud bourré à craquer avec « Earth intruders », « Pagan Poetry », « Hidden Place », « Human Behavior » ou encore « Hunter ». Final explosif avec un « Declare Independance » arrosé de paillettes projetées par le devant de la scène pendant que les festivaliers se déchaînent sur ses beats electro et sur les derniers moments de cette édition de rock en seine 2007.

Merci à Lc les Filles et à Aziliz Benech pour l’accréditation et les photos.

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22 juillet 2007

Furia Festival 2007

Quelques noms alléchants, des découvertes intéressantes et le site de Cergy-Pontoise à explorer : l’édition du Furia festival 2007 s’annonçait prometteuse. Un heureux pressentiment qui ne s’est pas totalement concrétiser.

Samedi 30 juin 2007 :

Située à l’écart du centre-ville, la verdoyante base de loisirs de Cergy-Pontoise accueille le Furia sound festival depuis son déménagement du site de Taverny deux ans auparavant.

Malheureusement, l’organisation du festival ne s’est pas bonifiée avec le changement. Première mauvaise surprise : l’entrée au parking vous déleste aimablement de 3,50 euros dont il n’est question nulle part sur le site internet.

Plus léger de ces quelques piécettes, nous faisons nos premiers pas sur la base de loisirs et tombons nez à nez avec la première petite scène. C’est sans aucun fléchage que nous finissons par monter une pente qui mène à la scène principale. En bas d’un autre monticule se trouve la deuxième petite scène ainsi qu’une tente regroupant les diverses organisations et associations caritatives. Faute de l’ombre d’une indication, nous demandons le chemin vers l’espace presse à un vigile à l’air un perdu derrière une grille, qui se trouve finalement être l’entrée des pass magiques.

Aucune conférence de presse ne nous retient notre attention, direction les concerts.

On atterrit devant Aïwa, groupe de rap-dub métissé originaire de Rennes, qui fait une bonne première impression. Un Dj, un batteur, un bassiste, un tambourin s’appliquent à groover alors que le rappeur assure et que la chanteuse baragouine on ne sait quoi. Même si cet apparent yaourt n’est d’abord pas désagréable, il devient vite lassant. Des accents de Massive Attack ou de Morcheeba séduisent avant de virer au rap et presque à l’électro.

On zappe pour Deltahead, deux Suédois qui intriguent par leur maquillage, leurs costumes et une distribution collective de bâtonnets d’encens qui fait penser aux Dresden Dolls. Pourtant, leur musique aux aspects variables en est à des kilomètres. Tantôt blues/country, tantôt électro/indus, ce duo de guitare, contrebasse et double grosse caisse déconcerte. Mais, les rythmiques, les paroles sont répétitives, le look inadéquat laisse dubitatif.

Une demi-heure plus tard, trois gringalets bruns aux cheveux mi-longs montent sur la grande scène pour le meilleur concert de la journée. Little Barrie, groupe anglais, porte haut le flambeau du brit rock avec des mélodies entraînantes. Le public est emporté par les beats dansants teintés de blues du trio guitare, basse, batterie et la fosse finit le concert dans une bataille de paille géante. Disposée en une bonne couche sur le sol, elle servait initialement à éviter la boue et termine en confettis.

L’ambiance est aussi enthousiaste au début de la prestation du français Ours entouré de ses trois camarades musiciens. Sa voix faible est rauque, les rimes des textes ne sont pas heureuses et la musique se fond dans l’ordinaire. On part au bout de trois chansons vers les spectaculaires Guitar Wolf.

Ces trois japonais en cuir bardé de tatouages orchestrent un grand n’importe quoi réjouissant sur l’autre petite scène. Le chanteur hurle dans son micro en pointant son doigt vers le public d’un air de défi juste avant de choisir un jeune élève pour la leçon de rock’n’roll du jour. Le garçon se retrouve une guitare entre les mains en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Il ne maîtrise pas grand chose de la technique guitaristique, mais l’attitude est bien là, et après quelques riffs de guitare bien placés et deux trois Yeaaah, le petit gars retourne dans la fosse. Plein d’énergie, le chanteur fou amorce l’escalade des trois amplis à moitié agrippé par deux vigiles. Le manager vient à la rescousse et le japonais enragé réussit son ascension foudroyé par les regards assassins des vigiles. Ce grand spectacle est acclamé par la foule et on part vers la grande scène le sourire aux lèvres.

Les 4 chanteurs de K’naan accompagnés d’un djembé, puis d’une guitare déploient une belle harmonie de voix avec une ambiance très conviviale de coin du feu. Un des quatre somaliens se met à rapper des textes engagés et pacifistes qui décrivent les souffrances de son peuple. Preuve surprenante, la seule phrase qu’il connaît en français est « je suis innocent »… Pensif, on prend la traditionnelle pause frites/sandwich avant d’aller s’en payer une tranche devant les Naast.

Les ambassadeurs du rock parisien balancent leurs compos « copier coller » devant un public venus en grand nombre. Choc rassurant, personne n’applaudit et une forêt de majeurs se lève au centre de la fosse. Apparemment réuni pour voir le phénomène médiatique et pour pouvoir critiquer en connaissance de cause, les « furieux », comme on appelle le public de la Furia, toisent d’un air narquois les quatre rigolos sur scène. Gustave Naast et ses copains semblent impuissants devant tant d’impopularité. Ouf, il est temps d’aller digérer cette bonne nouvelle dans un petit coin de verdure.

Notre sieste est dérangée par Oxmo Puccino et son rap cliché. De loin, on entend un tonnerre d’applaudissements pour Tété, notamment à la suite de jolis titres comme À la faveur de l’automne. Les français de TTC enchaînent devant une foule compacte et acquise à leur cause. L’ingénieur du son devrait être traîné en justice pour le niveau sonore, les textes ne donneront la migraine à personne et le Dj mixe des basses lourdes avec des samples de tubes populaires : l’ambiance boîte de nuit et le succès sont            assurés. Les filles des premiers rangs finissent le concert sur scène et les garçons admirent le tout en dansant, de quoi énergiser tout ce beau monde pour tenir jusqu’au bout de la nuit.

On oublie la tête d’affiche The roots pour se planter devant la création initiée par les Eurockéennes, Griots and Gods, alias Young Gods et Dalëk, qui joue devant une petite trentaine de personnes. Le tandem livre une musique entêtante, difficilement qualifiable, presque chaque musicien étant retranché derrière ses machines. Aucune chanson ne se démarque vraiment du tout et on en ressort un peu perplexe, la méconnaissance du répertoire des deux groupes n’aidant pas.

On finit cette journée devant les Tryo, proches de la caricature d’eux-mêmes. Le spectacle est presque le même depuis la sortie de leur précédent album, autant dire une éternité. Un duo de cordes, de nouveaux costumes et dix kilos de moins pour Mali, autant dire des changements drastiques…Les transitions et les vannes politiques racoleuses ont traversé les années intactes et même la Main verte, chanson prônant la légalisation de la marijuana, est reprise en cœur par la joyeuse de bande qui a peut-être passé l’âge. Déception de la part d’un groupe qui possède malgré tout un bon potentiel scénique.

Dimanche 1er Juillet:

Très excité par la venue des poids lourds Sonic Youth et Queens of the stone age le soir même, on s’approche de la petite scène plein d’entrain. Les Karpatt distillent déjà leur bonne humeur communicative à un paquet de furieux. On les quitte momentanément alors que le public leur crie des mots à partir desquels ils doivent construire une chanson. Parapluie, chaussette, apéro : le défi est relevé! Le temps de s’inscrire à la conférence de presse des « Reines de l’âge de pierre », on les retrouve pour le rappel : deux belles chansons sur un dragueur hésitant et sur des meurtres passionnels. Ils s’en vont sous un tonnerre d’applaudissements.

On enchaîne avec l’énervant Jamait qui balance ces chansons d’amour sur la grande scène. Il tente apparemment de s’inscrire dans la lignée des grands chanteurs à textes, on pense plutôt à une mauvaise imitation du grand Brel. Son concert nous donne l’occasion de s’adonner à une petite sieste musicale ressourçante

On se relève pour jeter un œil amusé à No one is innocent. Leur chanson revolution.com déclenche les premiers pogos de la journée. Le public s’en donne à cœur joie et se défoule sur des riffs de guitares clichés.

Le manque de pertinence musicale nous fait bifurquer vers les maliens Tinariwen sur l’autre petite scène. Ces grands hommes en imposent vêtus de leurs tenues traditionnelles. Chants touaregs et armée de guitares électriques, une véritable respiration dépaysante dans ce festival. Le concert commence doucement pour monter en puissance au fur et à mesure des chansons. La majorité du public finit par être conquis : tout le monde frappe des mains, se balance doucement de gauche à droite emmené par un des chanteurs qui danse joyeusement à l’avant de la scène.

Fin des réjouissances, on traîne des pieds vers Superbus : les horaires sont fait de telle sorte qu’aucun concerts ne se chevauchent dans l’après-midi, donc pas d’alternative possible. En bon groupe formaté, les quatre rigolos sont ultra-lookés. La chanteuse, la ridicule Jennifer Ayache, maquillée à la truelle, prend des pauses qu’elle doit croire avantageuse. La musique sonne comme du mauvais Garbage et pendant qu’une moitié du public embarque, le reste des « furieux »les scrutent d’un air circonspect. Miss Ayache se rend bien compte que ses compositions n’emporte pas l’adhésion de tous puisqu’elle s’époumone : « je vais essayer de chanter avec vous, on va tenter de faire quelque chose ensemble». Le coup de grâce arrive par une reprise de Nirvana, sûrement la caution rock du concert.

Révolté par cette récupération d’une compo de ce pauvre Kurt Cobain, on s’en va attendre la venue de Loïc Lantoine, barquette de frites à la main. Dans le cadre de leur tournée « cascades », Loic et son comparse François Pierron jouent avec des musiciens différents toutes les semaines. L’accordéoniste et le guitariste de ce soir donne un relief tout particulier aux chansons avec un aspect plus pop. Les textes sont toujours aussi beaux et un silence religieux s’installe pour la chanson éponyme de leur dernier album, « tout est calme ». Pourtant, le monde de Loic Lantoine reste difficile d’accès, surtout en festival, et certains spectateurs abandonnent en cours de route.

On manque le début de Sonic Youth en attendant la venue de Josh Homme, leader des Queens of the stone age, à l’espace presse. Le manager du groupe a perdu le grand roux, probablement parti voir ses compatriotes sur la grande scène. On décide d’en faire de même. Le groupe qui a vraiment l’air éternellement jeune, joue beaucoup de chansons du dernier album Rather Ripped: Incinerate, Rapture, Rats et le grand classique 100% ravirent la fosse. Leur set n’a pas beaucoup changé par rapport à l’année précédente, mais on les retrouve toujours avec plaisir.

Toujours sur la grande scène, on attend de pied ferme les Queens of the stone age en essayant de se faufiler aussi près que possible. C’est un Josh Homme blessé au genou qui monte sur la scène en boitant. Egal à lui-même, le groupe, fort de leur excellent nouveau bassiste Michael Shuman, livre le concert à ne pas manquer de ce weekend. Malgré sa faiblesse à la jambe, Josh Homme assure le spectacle : il invite d’abord un homme déguisé en tigre à venir le rejoindre sur scène pour une accolade amicale, puis un jeune qui lui aurait jeté quelque chose à la figure. C’est tout un groupe de garçons éméchés qui débarquent et manquent de créer une bagarre publique. Entre ces incidents, les Queens font une démonstration de rock avec quelques titres de leur nouvel opus Era Vulgaris dont 3’s & 7’s, Turning on the screw, Into the hollow, Battery Acid, la chanson des Desert Sessions Make it with chu  et d’autres morceaux plus anciens comme no one knows, feel good hit of the summer, do it again. Un groupe puissant, carré avec des chansons brillantes : les « Reines » nous mettent une claque et partent toujours trop tôt.

Travail le lendemain matin oblige, on quitte le festival sans pouvoir écouter Asian Dub Foundation. Un weekend sympathique ponctué par quelques bons concerts dans une organisation un peu brouillon. On peut saluer le public de la Furia qui a contribué à une ambiance festive et conviviale entre batailles de paille, pancartes « câlin gratuit » et plus si affinités et bien sûr bonne humeur. A l’année prochaine!

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16 juin 2007

Interview d'Andrew Rodriguez

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Montréal, un jeudi ensoleillé.  La place des arts, grand complexe de salles de spectacles du centre ville, accueille Rufus Wainwright pour un concert archi-complet le soir-même. La première partie de cet évènement est assurée par le canadien Andrew Rodriguez, qui a sorti le superbe Here comes the light quelques mois auparavant (cf chronique). Après avoir manqué de se perdre dans les couloirs de la gigantesque place des arts, l’interview peut commencer dans la bonne humeur, accoudés à un piano.

Mygmusique : Au-delà de ta bio que nous avons déjà établi dans l’article sur ton album, pourrais-tu te présenter au public français qui ne te connaît pas?

Andrew Rodriguez : Hé bien, je m’appelle Andrew. J’aime jouer et écrire de la musique. Je suis quelqu’un de très sensible et je voudrais que tout le monde soit heureux…Je ne sais pas vraiment quoi dire…Je trouve ça difficile de décrire ma musique. Je pense qu’elle est originale, qu’elle s’inscrit dans une veine pop psychédélique car elle sonne un peu comme les chansons des années 1960 et 70, mais j’aime penser qu’elle est plus originale que ça.

Myg : Qu’en est-il de tes textes?

AR : D’habitude, je m’assois avec un instrument comme la guitare ou le piano et je commence à jouer. Quand j’ai le début d’un air, je me mets forcément à chanter quelque chose (il joue et fredonne un air) et finalement le texte finit par prendre forme. Mais ça dépend des chansons : par exemple pour Breakfast, je l’ai écrit d’un trait, presque en deux minutes. Pour d’autres comme The man who never knows, ça m’a pris des années car je la peaufinais constamment.

Myg : Quels sont les sujets qui t’inspirent?

AR : Les sujets que je préfère ne sont pas ceux que j’utilise! (rires) J’aimerais bien changer cette habitude d’ailleurs… En fait, j’ai tendance à écrire sur les disputes entre hommes et femmes, l’amour ou ce que je ressens à propos des hommes et du monde, comme ma chanson Only Human (il joue). Pour résumer, sur les sentiments, les êtres humains, mais je préfère rester un peu vague dans mes textes, ne pas être trop direct. Des fois, un texte me vient d’un incident qui m’a énervé, m’a effrayé ou de me sentir mélancolique.

   

Myg : Quelles sont tes influences musicales?

       AR : J’aime beaucoup de styles de musique, mais je n’écoute pas beaucoup de musique contemporaine, surtout pas le genre de Beyonce ou de Christina Aguilera. J’écoute des artistes plus anciens, comme les Beatles bien sûr, mais aussi beaucoup de jazz. Vraiment beaucoup de choses en réalité! Mozart par exemple. Chez moi, j’écoute surtout du jazz avec de superbes accords comme ça (il joue au piano). Ça m’influence d’une certaine manière. Un jour, j’aimerais bien jouer quelque chose qui se rapproche plus du jazz, mais maintenant mes influences principales sont plutôt les années 1960 et 70, Fleetwood Mac, the Zombies, the Kinks, Neil Young et aussi la soul et le r’n’b. D’ailleurs, pendant mes concerts, j’essaie plutôt de m’inspirer du blues. Je vais jouer une nouvelle chanson ce soir qui sonne plutôt rythm’n’blues (il joue quelques accords).

Myg : Pourquoi avoir attendu six ans pour sortir un nouvel album, alors qu’il était prévu bien avant?

AR : Je n’ai pas attendu, attendre n’est pas le bon mot. Ça fait vraiment 6 ans? Oh mon dieu, ça fait si longtemps…Que s’est-il passé? La vie je dirais. Je ne veux pas trop me plaindre, mais ça n’a pas été facile. Ça requiert beaucoup de travail avec peu de moyens. Quand j’ai fini de tourner avec mon dernier disque, je me sentais épuisé. D’abord j’ai du apprendre à enregistrer de la musique tout seul avec des ordinateurs, ensuite je suis parti avec Melissa (Auf der Maur) sur sa tournée. Puis j’ai dû aussi avoir quelques petits boulots parce que je ne vis pas de ma musique. Le temps passe tellement vite! Je ne sais pas vraiment ce qui s’est passé. Mais je suis désolé, je vais essayer de faire plus vite pour le prochain. Je crois que je suis très connu en tant qu’inconnu, c’est un peu frustrant.

Myg : Justement quels problèmes rencontres-tu en tant qu’artiste indépendant au Canada?

AR : Le racisme. (rires) Non, je plaisante. (silence) Au Canada, le gouvernement offre de l’aide financière aux musiciens la plupart du temps, mais je n’en reçois pas. Je ne sais pas pourquoi, peut-être qu’ils me détestent! (rires) Je dois donc payer pour tout moi-même, ce qui est difficile. Je suis dans le cas de beaucoup de musiciens : ce n’est pas donné à tout le monde de vivre de sa musique. Je suppose que ma musique n’est pas aussi accessible que je le crois. J’ai l’impression d’écrire des hits! Mais je ne comprends pas vraiment d’où vient le problème.

Myg : Selon toi, dans quelle mesure la médiatisation et la promotion d’un artiste popularité aide à sa popularité?

AR : Énormément. Mais pour avoir de la promotion, il faut être chez une maison de disque. Et je suis seulement sur une toute petite maison de disques au Canada, comme une petite île perdue au milieu de l’océan de l’industrie de la musique. J’aimerais que ma musique soit exposée à plus de monde. J’espère que le concert de ce soir et d’autres choses vont m’aider dans ce sens. J’ai le sentiment que ça fait dix ans que j’essaie de faire bonne impression! (rires) On verra bien ce qui va se passer dans le futur.

Myg : Une tournée et une sortie de ton album sont-elles envisageables en Europe et en France?

AR : Oui, j’aimerais beaucoup! Mais s’il y a une maison de disque qui lit cette interview, appelez-moi! Je cherche une maison de disque en ce moment au niveau international. Il me faudrait un manager aussi, ça m’aiderait vraiment. Je dois tout faire moi-même ce qui n’arrangent pas les choses.

Myg : Tu as fait la première partie de Rufus Wainwright hier à Toronto et ce soir à Montréal : comment ça s’est passé? Qu’est ce que tu penses de l’exercice de la première partie?

AR : C’était génial. Mais j’ai pris l’avion pour venir ici avec Rufus et j’ai attrapé un rhume. J’espère que ça va aller ce soir. Je pourrais écrire un livre sur les premières parties! C’est un exercice très intéressant. Il y a de la pression, c’est sûr. Il faut chauffer la salle, les gens n’ont aucune idée de qui vous êtes et ils voudraient éviter l’entrée pour arriver directement au plat de résistance. Mais j’espère avoir assez de goût pour les satisfaire! Je suis vraiment reconnaissant à Rufus de me laisser faire sa première partie. Assurer sa première partie est différent. C’est ce qu’on peut faire de mieux car il est vraiment relax et gentil, il me laisse utiliser son piano et son équipe est très sympa.

Myg : Tu as déjà joué avec ton amie Melissa Auf der Maur: elle devrait sortir un nouvel album sous peu : vas-tu collaborer avec elle de nouveau?

AR : Elle va faire un album avec un film. Non, nous n’avons pas prévu de retravailler ensemble pour le moment. Je voudrais me concentrer sur ma musique parce que je crois qu’elle s’exporterait bien en Europe. Et puis je suis espagnol d’origine, donc j’aimerais vraiment pouvoir venir en Europe.

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10 juin 2007

Système sans filet

À l’heure où la dépression devient une maladie de plus en plus répandue, le système en santé mentale québécois peine à prendre en charge ses malades. Pour les personnes en détresse, une des seules alternatives reste les organismes communautaires.

Un calme apaisant règne dans le centre La Croix Blanche, malgré la tempête qui trouble les esprits qui le fréquentent quotidiennement. Cet organisme communautaire offre de l’aide aux individus souffrants de problèmes de santé mentale depuis quarante ans. Même si sa façade terne passe inaperçue dans la longue rue Ontario est, l’intérieur du bâtiment est accueillant. Des canapés disposés en carré encouragent à la détente et la discussion, le cadre charme par sa décoration avec plantes vertes et tableaux.

Les dix participants inscrits à l’atelier de relations interpersonnelles semblent retenir leur souffle tandis que je passe la porte et que j’entre dans une salle presque vide aux murs orange vif. Pourtant, une fois quelques phrases échangées, leur frustration face aux défaillances du système de santé québécois prend le dessus. « Je suis passée par un hôpital de jour et on devait m’assigner un psychologue et, là, je suis tombée dans un trou », raconte une cinquantenaire aux longs cheveux blonds. 

La désinstitutionalisation, réforme amorcée dans les années 1960 avec l’accord de l’Organisation Mondiale de la Santé, consiste à fermer les asiles pour envoyer les malades mentaux se faire soigner dans leur communauté. En quarante ans, 17 000 lits ont été fermés en soins psychiatriques au Québec. De nos jours, les personnes atteintes de problèmes de santé mentale sont sensées se tourner vers les CLSC pour consulter un psychologue. Un autre participant agite nerveusement les mains alors qu’il dénonce cette pratique submergée par la demande: «  J’ai rempli les papiers pour avoir de l’aide au CLSC et ça doit bien faire un an que j’attends une réponse. »

Le reste des participants, tous entre quarante et soixante ans, l’écoutent attentivement et acquiescent. La consternation se lit sur le visage de sa voisine de table qui renchérit : « Je n’ai pas les moyens financiers de me payer une thérapie. Est-ce qu’il faut que je prenne un couteau et que j’aille aux urgences pour être aidée? » En effet, une personne est admise au service d’urgences d’un hôpital uniquement si elle représente un danger pour la société.

Les autres sont livrés à eux-mêmes et se battent pour avoir de l’aide. La gratitude envers La Croix Blanche se lit dans les yeux d’une femme rousse, qui avoue être venue ici après une tentative de suicide. Elle fait partie des rares personnes qui dépassent leurs problèmes grâce aux programmes communautaires, lueur d’espoir dans le tableau bien noir de la santé mentale au Québec: « Grâce aux ateliers du centre, je me sens beaucoup mieux et je vais bientôt réussir à retourner vivre dans un appartement toute seule ».

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31 mai 2007

Didier Super - Vaut mieux en rire que de s'en foutre II

« Si la maison de disque, elle fout cette merde dans le commerce, je peux te dire qu’on culmine dans le foutage de gueule. » Didier Super

Le nouvel album de Didier Super

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Didier Super a un grand nombre de défauts, mais on ne pourra pas lui enlever la franchise. Quand il a décidé de sortir le même album que le précédent, il l’annonce clairement. Contrairement à bons nombres de soi-disant artistes qui sortent des disques d’une continuité effrayante à peu près tous les deux ans, sous couvert d’un titre et d’un look différent.

Donc on reprend les mêmes et on recommence? Non, pas tout à fait. Le plus décapant des Didier s’est offert les services d’une partie de l’équipe du conteur de Klokochazia, Nosfell, puisque Pierre Le Bourgeois s’occupe des arrangements et Edouard Bonan du mixage.

En effet, l’accompagnement musical plutôt approximatif du premier album en avait repoussé plus d’un. Pour faire plaisir à sa maison de disque (selon son site internet), Didier lâche la guitare pour passer les commandes à Pierre Le Bourgeois. Le violoncelliste laisse de côté les mélodies métissées de Nosfell pour retourner à ses premiers amours : la musique classique. C’est bien un orchestre qui enrobe les paroles de Didier dans le but de rendre la livraison abordable « pour les vieux ».

Le ton reste, lui, intact tout comme les paroles, sauf quelques retouches : « Arrête de la péter » devient « Arrête d’en faire un peu trop », politique commerciale oblige. On explose de rire ou on s’indigne face aux répliques pseudo racistes, stupides ou étonnamment lucides de Didier. Le tout au dixième degré, un minimum.

Au-delà de l’attrait de ces plaisanteries et de l’accompagnement superbement orchestré, ce recyclage du premier cd s’avère peut-être indispensable pour les fans. Les autres n’y jetteront plus qu’une oreille distraite, la surprise des premières écoutes évanouie.
Vaut mieux en rire que de s’en foutre II, une invitation à la réflexion sur la musique jetable qui envahit nos ondes radio ou simple blague potache ? A vous de choisir!

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19 mai 2007

Concerts à emporter

Ecoutez, vous êtes livrés

Vous prendrez bien un petit concert avec ça? La blogothèque, un mp3 et vidéo blog français, vient de fêter sa première année de livraisons musicales très particulières.

Ils feront tout pour vos oreilles, même l’illégal. La blogothèque, site internet dédié à la musique, s’inscrit dans la mouvance des mp3 blogs avec leur slogan emprunté aux Beatles : « musique, partage  sont des mots qui vont très bien ensemble ». Rappelons que ces pages web mettent en téléchargement gratuit des morceaux de musique de leurs artistes favoris pour une durée limitée. Le tout sans autorisation des auteurs ou des maisons de disques.

Toutefois, Chryde, journaliste français et créateur de ce site, a eu une idée originale qui s’inspire d’un principe bien connu des restaurateurs: le concert à emporter. La genèse du concept possède une touche québécoise puisque Chryde a démarré son projet, avec l’aide du caméraman Vincent Moon, après une performance d’Arcade Fire. Seuls cinq privilégiés avaient pu suivre le groupe montréalais alors qu’ils avaient traversé la foule et achevé leur concert à l’extérieur du Nouveau Casino ce soir-là.

Révélation pour le jeune français : il veut  faire partager ces moments d’exception avec les fans de musique sur internet. Un lieu insolite, une caméra, un groupe de musique, un plan séquence et les bases du projet étaient définies. Maintenant, plus d’une cinquantaine d’artistes se sont prêtés au jeu depuis avril 2006, dont Arcade Fire interprétant Neon Bible dans un monte-charge. Cependant, la blogothèque privilégie les groupes encore peu connus comme autant de découvertes à emporter.

www.blogotheque.net

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02 mai 2007

Critique du nouvel album d'Andrew Bird

Andrew Bird - Armchair Apocrypha

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Alors que le dvd de sa performance au théâtre George III à Paris se fait toujours attendre, Mr Bird vient de sortir un nouvel effort le 20 mars dernier, l’énigmatique Armchair Apocrypha.

La barre avait été placé très haute avec le magistral The mysterious production of eggs, un des meilleurs albums de l’année 2005. Les envolées lyriques de violons, les sifflements dignes d’un rossignol, des riffs enlevés, des ballades touchantes, des textes intelligents et une voix remarquable : Bird avait défini les bases de son style.

Ces éléments ont fait de lui un des musiciens les plus remarquables de sa génération et on ne change pas une recette qui marche. Alors oui, Armchair Apocrypha est un très bon album, sans toutefois surpasser son prédécesseur. Une petite touche de grâce en moins peut-être.
Cependant, il mérite qu’on s’y reprenne à plusieurs fois avant de se laisser apprivoiser.

En effet, Andrew Bird est un homme cultivé : restez bien accrocher à vos neurones quand il s’agit des textes. Les trouvailles et les métaphores abondent. Les questions existentielles croisent les préoccupations environnementales dans une trame où chaque chanson forme une petite histoire. Des histoires qui trahissent de l’inquiétude quant au futur et à une possible fin du monde.

Mais ces textes, à premier abord tristes, sont enrobés dans de très belles mélodies pop rock qui font oublier les idées noires. Pour l’occasion, Bird est accompagné entre autres de son batteur Martin Dosh, qui a notamment co-écrit un titre, et de la chanteuse Haley Bonar aux chœurs. Heretics ou Imitosis, excellents singles potentiels, réjouissent nos oreilles quand des titres plus puissants comme Dark Matter nous énergisent. Les deux instrumentaux The supine et Yawny at the apocalypse touchent en plein cœur et la ballade habitée Simple X rend rêveur.

Un album riche et intéressant, plus abordable que son prédécesseur, qui permettra à de nouveaux auditeurs de découvrir la musique du siffleur le plus habile de l’ouest.

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23 avril 2007

Le premier tour des élections présidentielles françaises à Montréal

Les militants se chicanent à Montréal

  Pour la première fois hier, les Français d’Amérique ont eu l’opportunité de voter une journée avant leurs compatriotes, qui doivent se rendre aux urnes ce dimanche. Malgré la bonne humeur des électeurs montréalais, l’atmosphère était houleuse entre les militants à cause du bureau de l’UMP établi dans la métropole québécoise.

   En effet, le parti du candidat de droite, Nicolas Sarkozy, a ouvert une permanence dans le quartier Outremont depuis la fin du mois de mars, à quelques pas du collège Stanislas qui accueillait les bureaux de votes. Les autres partis français dénoncent l’occupation de ce local aux couleurs de l’Union pour un Mouvement Populaire par ses représentants et ses bénévoles, car ils le jugent illégal. « La propagande est interdite à l’étranger, c’est la loi », explique Malik Dussaud, le représentant de Ségolène Royal à un partisan de ce bureau.

   Pendant que les débats vont bon train entre les militants de gauche et de droite, le sénateur de l’UMP Louis Duvernois réfute l’illégalité de la permanence montréalaise de son parti. Selon lui, la propagande serait autorisée dans tous les endroits où une communauté française est présente. De son côté, Khadija Doukali Tahiri, la représentante de l’UMP, dénonce la jalousie dont feraient preuve les autres partis.

   Fait accablant pour l’UMP, son bureau est resté ouvert toute la matinée de ce jour d’élection, alors que la campagne a pris fin avant-hier et que toutes les activités politiques doivent être suspendues jusqu’aux résultats du premier tour. De sucroît, M. Duvernois a assuré à notre journal que le local était fermé.

     Pour sa part, Brigitte Sauvage préfère pousser les gens à voter. « Nous avons la chance d’avoir ce privilège alors voter à droite ou à gauche, peu importe, mais voter! », encourage l’élue de l’Assemblée des Français à l’Etranger, alors que la foule se massait devant le Collège Stanislas. Cette représentante de la gauche croit que les Français à l’étranger peuvent faire basculer l’élection grâce à leurs voix. En effet, ils représentent plus de 2 millions de personnes, dont 40 000 sont inscrits sur les listes électorales au Québec, dont 34 000 à Montréal.

   Cette élection prend un tournant inédit puisque la Constitution a été amendée pour que les Français d’Amérique puissent voter avant de connaître les résultats de la métropole. L’initiative a plu aux électeurs, à l’exemple d’Alain, qui patiente dans la file d’un des gymnases mis à disposition pour l’occasion. Ce père de famille, marié à une Française depuis vingt-cinq ans, a fait sa demande de double nationalité quatre ans auparavant et se réjouit de pouvoir voter pour la présidence française. « Je m’intéresse de plus en plus à la politique française car ma femme et moi espérons finir nos jours en France. » Un autre électeur, Paul, a décidé de faire toutes les démarches pour s’inscrire sur les listes consulaires cette année. « Si on ne fait pas l’effort de voter, on n’a pas le droit de râler », pense-t-il.

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Le premier mariage gai à Montréal

La première cérémonie unissant un couple gai à Montréal a eu lieu hier dans l’arrondissement de Ville-Marie.

« Je crois que vous êtes de grandes stars aujourd’hui! », a plaisanté le maire de l'arrondissement, Benoit Labonté, en anglais avec les jeunes mariés, Francesco Vidoni et Larry Pieters, avant de lire les articles du code civil concernant les droits et les devoirs conjugaux. Pour cette grande première, les mariés ont ensuite échangé consentements et anneaux sous l’œil des caméras de Radio Canada.

Le mariage des personnes de même sexe a été autorisé en 2005 par une loi fédérale sur la charte des droits. À l’initiative de Martin Cauchon, cette loi avait été acceptée sous le gouvernement libéral Martin. Le Premier ministre actuel, Stephen Harper, a essayé de la modifier en la remettant à l’ordre du jour, mais elle a été maintenue.

La cérémonie des deux jeunes hommes de 25 et 37 ans s’est déroulée uniquement en anglais. En effet, au Québec, les futurs époux ont droit à un mariage dans leur langue d’origine, où seuls les papiers officiels doivent être en français. « Le premier couple de la matinée était serbe et si je parlais cette langue, ils auraient pu être marié en serbe », explique le maire Labonté.

« Le mariage par les maires rend la fonction plus humaine », juge Jean –Yves Duthel, le directeur des affaires publiques et des relations avec les citoyens de la mairie. Grâce à la modification du code civil en 2004, les maires ont le droit de demander un certificat permanent qui leur permet de célébrer des mariages en tout temps. Auparavant, un citoyen avait la possibilité de présider une seule union s’il en faisait la demande au Palais de justice. « J’ai moi-même marié ma fille », confie M. Duthel.

« Chaque citoyen a le droit de se marier sans discrimination. C’est un service qu’on doit offrir à la population », ajoute Benoît Labonté. Le maire de Ville-Marie, qui se déclare en faveur du mariage gai, pense que la cérémonie en mairie est une option mitoyenne entre l’église et le palais de justice. « Ça a un côté plus convivial, plus humain », estime-t-il.

Cette nouvelle habitude n’est pas encore rentrée dans les mœurs puisque seuls les maires d’Outremont, de Villeray et de Ville-Marie ont fait la démarche pour obtenir le droit permanent de marier. Les unions ne sont prévues que le dernier samedi du mois à Ville-Marie, car le nombre de demandes restent raisonnables : dix-sept mariages sont prévus d’ici le mois de juin, dont un gai.

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08 avril 2007

Le gouvernement Harper n'ira plus à Kyoto

Alors que l’ancien candidat à la présidence américaine Al Gore n’a jamais été aussi populaire grâce à son documentaire sur la protection de l’environnement, le premier ministre du Canada, Stephen Harper, et son gouvernement conservateur continuent de s’isoler en refusant d’appliquer le protocole de Kyoto. Depuis son arrivée au pouvoir en janvier 2006, Harper a toujours assuré qu’il était impossible d’atteindre les objectifs requis par le protocole sans mettre à genoux l’économie canadienne. Toutefois, à une époque où la question environnementale est devenue une des principales préoccupations de la population, le dirigeant du Canada se retrouve en bien mauvaise posture.

   L’addition de l’application de l’engagement de Kyoto devient de plus en plus salée. Si le Canada se décidait à réduire sa production de Gaz à Effet de Serre (GES) comme convenu, il devrait débourser la bagatelle de 100 milliards de dollars canadiens durant les quatre prochaines années, selon le groupe Les Amis de la Terre et le magazine Corporate Knights. Mais une telle dépense ne sera sûrement pas au menu du prochain budget fédéral présenté par le ministre des Finances Jim Flaherty le 19 mars prochain.

   De surcroît, les émissions de GES des 336 entreprises les plus polluantes pour l’année 2005 ont à peine diminué selon une étude de Statistique Canada. En effet, ces compagnies qui produisent toutes au minimum plus de 100 000 tonnes de GES par an ont annoncé une baisse de 0,05 %. Même si cela dénote une stabilisation des émissions, ces entreprises ne représentent qu’un peu plus d’un tiers des GES du pays, qui s’élevaient à 178 millions de tonnes en 2004. Le constat est encore plus accablant dans la province de l’Alberta  puisque ses émissions ont réduit de moins de 0,001 %.

   Le Canada est donc un des mauvais élèves du protocole de Kyoto pourtant signé depuis 1998. A l’époque, le gouvernement libéral de Jean Chrétien s’était engagé à baisser son taux d’émissions de GES de 1990 de 6 % avant 2012. Bien que le protocole ait été ratifié en 2002, les émissions de GES du Canada ont augmenté de 30 % depuis 1990.

   Le premier ministre Jean Chrétien avait-il accepté le protocole tout en sachant que le Canada ne parviendrait pas à atteindre ses objectifs à temps ? Eddie Goldenberg, un de ses anciens conseillers, le croit. Il a déclaré le mois dernier que le gouvernement libéral avait signé cette entente car la population attendait d’eux une initiative environnementale, sans forcément être prêt à en assumer les conséquences. « Nous savions que le fait de signer et de ratifier Kyoto lorsque nous l’avons fait était absolument nécessaire pour préparer l’opinion publique aux gestes à poser dans le futur afin de faire face à la question du changement climatique », a-t-il expliqué.

   Le nouveau premier ministre du Canada ne semble pas faire cas de telles préoccupations. Contrairement aux libéraux de M. Stéphane Dion, les conservateurs ne sont pas favorables au protocole de Kyoto. D’une part, ils pensent que la bonne santé de l’économie prime sur les dégâts causés par les changements climatiques et qu’ils ne sont pas causés par l’action humaine. D’autre part, M. Harper a déjà déclaré qu’il ne voyait pas l’intérêt d’appliquer Kyoto si des pays en plein essor économique comme la Chine et l’Inde ne le faisaient pas.

   Le premier ministre cherche en fait à voir augmenter le taux de croissance de son pays grâce à la richesse la plus rentable du Canada : les sables bitumineux d’Alberta. Les gisements de la province contiennent 1700 milliards de barils, soit cinq fois les réserves de l’Arabie Saoudite. Le bitume est extrait du sable, puis il est transformé en pétrole synthétique. Mais la production d’un baril est très coûteuse en énergie :

il faut  retirer quatre tonnes de sables bitumineux du sol et utiliser deux à cinq barils d’eau, sans compter les émissions de GES. En ce moment, environ un million de barils sont produits chaque jour.

   Pourtant, ce pétrole n’est pas majoritairement destiné à la consommation nationale. Les régions de l’est doivent importer leurs ressources du Proche-Orient et de la mer du Nord. Alors qui en sont les bénéficiaires ? Principalement les Etats-Unis d’Amérique (USA) et en moindre quantité la France, les Pays-Bas, la Chine et le Japon.

   Depuis l’arrivée au pouvoir de M. Harper, les liens et les livraisons pétrolières sont au beau fixe avec les USA. Le pays de George W. Bush a tout intérêt à conserver cette bonne relation avec le Canada puisque cela lui évitera d’envoyer ses armées se battre pour les ressources pétrolières, en particulier au Moyen-Orient. De son côté, Stephen Harper a annoncé en septembre dernier à l’Economic Club de New York que le Canada sera devenu un des principaux producteurs de pétrole d’ici à 2015. 

   Afin de manifester leur nouvelle amitié pétrolière, les deux pays se sont réservés des accueils sans précédents lors de leurs visites respectives. En juin dernier, le premier ministre de l’Alberta était reçu par le vice-président des USA, Dick Cheney, pour discuter du développement de l’exploitation des sables bitumineux. Le mois suivant, c’était au tour du secrétaire américain à l’énergie de venir inspecter les exploitations albertaines pour la première fois. Stephen Harper ignore les défenseurs du protocole de Kyoto puisqu’il ne souhaite pas mettre en danger cet élan économique.

   Cependant, même certaines personnes à l’origine de cet élan sont prêtes à faire des concessions environnementales. Plusieurs chefs d’entreprises canadiens, dont le patron de Suncor, un groupe gazier et pétrolier établi en Alberta, ont lancé une initiative nationale pour réduire les GES et promouvoir les technologies propres. Cette démarche consistera en une assemblée de 25 chefs d’entreprises qui aura pour mission de « contribuer à une démarche nationale en cours [afin] d’élaborer un plan complet et réaliste des gaz à effet de serre », selon un communiqué du Conseil canadien des chefs d’entreprises.

   La décision d’un groupe pétrolier qui a fait un bénéfice net de 2,97 milliards de dollars en 2006 comme Suncor de se joindre à cette commission est-elle sincère ? La réponse semble incertain. En effet, Matthew Bramley, le directeur responsable du dossier du changement climatique pour l’Institut Pembina, a affirmé que le protocole de Kyoto pourrait être respecté par de grosses entreprises comme Suncor grâce à un plan basé sur la loi du pollueur payeur. Il leur en coûterait un dollar de plus par baril de pétrole produit. A la suite de cette annonce datant du mois dernier, le porte parole de Suncor, Gord Lambert, a expliqué que la réduction des GES avait un prix trop élevé pour l’entreprise.

   Les institutions financières trouvent aussi leur mot à dire dans la bataille environnementale. La bourse de Toronto a demandé au gouvernement la création d’un marché du carbone au Canada, comme le prévoit le protocole de Kyoto. Ce marché permettrait aux entreprises qui ont diminué leurs émissions de GES de vendre leurs crédits superflus. Le ministère fédéral de l’Environnement doit poser les bases réglementaires de cette bourse pour qu’elle puisse voir le jour.

   Toutefois, le gouvernement conservateur continue d’adopter la même tactique : retarder l’échéance de Kyoto. En effet, le mandat de Rona Ambrose en tant que ministre de l’Environnement a été plutôt chaotique. La jeune ministre est sur la même longueur d’ondes que Harper concernant le protocole. Elle a notamment conseillé l’ancien premier ministre de l’Alberta, Ralph Klein, qui s’est opposé à Kyoto.

   En devenant chargée du programme de l’environnement du gouvernement Harper, Mme Ambrose a accepté une mission impossible. Comment réussir à manœuvrer contre le protocole sans conséquence, alors que son pays se doit de l’appliquer ? Elle a donc enchaîné les déclarations controversées affirmant que le Canada ne pouvait pas respecter le protocole. Elle a provoqué un tollé lors de son discours de la conférence de l’Organisation des Nations Unies sur les changements climatiques à Nairobi, où elle a accusé les libéraux de l’abandon des objectifs de Kyoto. L’organisme Réseau action climat a été jusqu’à demander la démission de la ministre de la présidence de la conférence.

   En octobre dernier, son plan sur la qualité de l’air a été décrié par les trois partis d’opposition. Il proposait une réduction de 45 à 65 % des émissions de GES par rapport aux taux de 2003. Mais l’obligation pour les automobiles n’entrerait en vigueur qu’en 2010 et celle pour les entreprises industrielles en 2020. Des objectifs bien loin d’atteindre ceux de Kyoto.

   Dans l’optique des prochaines élections fédérales, Stephen Harper a été forcé de changer de politique s’il voulait gagner des points dans l’opinion publique. Début janvier, un sondage de la firme Decima a révélé que 74 % des Canadiens pensaient que le gouvernement s’occupait mal de l’environnement. En Alberta, la région des sables bitumineux, 61 % des personnes interrogées étaient de cet avis.

   Sans surprise, Stephen Harper a profité du remaniement de son cabinet ministériel en janvier pour remercier Mme Ambrose. Elle a été remplacée par John Baird, le président au conseil du trésor. Ce jeune politicien a déjà une dizaine d’années d’expérience dans des domaines variés dont l’environnement ne fait pas partie.

Sa déclaration du mois dernier démontre qu’il se situe dans la lignée conservatrice et que sa nomination est une fausse promesse de renouveau : « Le Canada n'a pas l'intention de participer à un marché du carbone à l'étranger et n'essaiera pas d'atteindre les objectifs de réduction de gaz à effet de serre (GES) que lui fixe le protocole de Kyoto. »

   Néanmoins, M. Harper garde l’objectif électoral en tête ainsi que son opposant libéral Stéphane Dion, qui a fait de l’environnement une de ses priorités. Le chef libéral considère que « le Canada ne peut pas se payer le luxe de ne rien faire » et il va  présenter son plan vert d’ici quelques jours pour contrer M. Harper.

Pour « reverdir » l’image conservatrice, Stephen Harper a choisi de faire miroiter des parts de l’Ecofiducie aux provinces. Ce programme dévoilé le mois dernier promet aux provinces 1,5 milliard de dollars à partager pour lutter contre les GES, à condition que le budget du gouvernement soit accepté le 19 mars. M. Harper a également récemment annoncé qu’il dévoilerait son plan contre le réchauffement climatique en avril.

   En effet, la chambre des Communes, par un vote le 14 février dernier, a forcé le gouvernement à présenter une nouvelle feuille de route verte dans les soixante jours suivants. Les trois partis d’opposition ont appuyé le projet de loi du député libéral Pablo Rodriguez qui oblige le gouvernement à respecter Kyoto.

  Toutefois l’approche imminente des élections a suffi au cabinet Harper pour améliorer sa position. Visionnaire, l’environnementaliste David Suzuki a déclaré en février : «Malgré ses sentiments à propos de l'environnement, croyez-moi, M. (Stephen) Harper va chanter la chanson verte lorsque viendront les élections.»

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Nouvel album de Patrick Watson

Patrick Watson - Close to paradise

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Comme dirait notre bon Michel Drucker : Patrick Watson, retenez bien ce nom car vous n’avez pas fini d’en entendre parler ! Le compagnon des dimanches interminables faisait cette déclaration fracassante à propos de Céline Dion, mais on ne lui en tiendra pas rigueur… Car oui, enfin ! Après nous avoir déversé ses chanteuses gueulardes et ses humoristes en tous genres, le Québec s’est décidé à nous envoyer ses meilleurs éléments musicaux. Les noms de Pierre Lapointe, Ariane Moffatt et Malajube doivent déjà vous évoquer quelque chose…

Mesdames, Messieurs, place maintenant au plus talentueux, créatif et poétique d’entre eux : j’ai nommé Patrick Watson !
Derrière le nom de son chanteur et parolier se cache en réalité un quatuor : le québécois Simon Angell, l’ukrainien Mishka Stein et le canadien suisse Robbie Kruger.

Un groupe aux origines diverses pour une musique aux influences multiples.
Etonnamment, Mr Watson cite en premier lieu la musique classique et plus particulièrement Eric Satie et Claude Debussy. Jeff Buckley suit, tout naturellement…La comparaison est inévitable : on croirait l’étoile filante américaine ressuscitée d’entre les morts lorsqu’on entend la voix du jeune montréalais et les ambiances dans lesquelles elle évolue.

Cependant, la ressemblance s’arrête là puisque Patrick Watson est, lui, parvenu jusqu’au cap du deuxième album avec la merveille Close to Paradise. Sorti en octobre 2006 sur le label naissant secret city records, cette nouvelle œuvre a été unanimement acclamée par la critique canadienne.

Et pour cause, on ne s’ennuie pas au paradis de Patrick Watson. Leur musique aérienne et rêveuse est d’une beauté saisissante. Possible bande originale d’un film de Tim Burton, ce petit goût de paradis musical étonne par sa richesse et ses atmosphères changeantes. Alors que la voix du chanteur rencontre des accords de piano mélancolique le temps de The great escape, Giver concrétise l’efficacité de la formation guitare, basse, batterie.

L’étonnante chanson Weight of the world renferme une palette de mondes fantastiques où l’on aperçoit Tom Waits et Portishead. Mr Tom, superbe ballade au piano, marque une pause au milieu de l’album, alors que Drifters nous égare au milieu d’une mer matérialisée dans un clip rétro, œuvre d’une amie de longue date, l’artiste Brigitte Henry. L’aspect vidéo fait partie intégrante du travail du groupe puisqu’ils jouent sur fond de projections lors de leurs concerts.

Patrick Watson affirme passer des heures à ciseler chaque détail de ses morceaux: le jeune homme n’exagère pas car les arrangements sont d’une richesse délicieuse. Un orchestre symphonique, les chœurs de Katie Moore et Liz Powell, les touches électro d’Amon Tobin et la foule de sons ajoutés par le groupe donnent un album qui se réinvente à chaque écoute.

Le groupe est promis à une carrière internationale et sachez qu’il s’en vient dans notre beau pays ! Patrick Watson sera en concert au Printemps de Bourges le 19 avril ,au VIP de Saint-Nazaire le 20 et au Trabendo le 21 avec Cinematic Orchestra, projet auquel participe le chanteur. Ils repassent ensuite à la Boule Noire le 15 mai en compagnie de Loney Dear.

On pourrait parler de ce disque pendant des lignes, mais je préfère vous inviter à vous attarder sur leur page myspace, à vous procurer l’album sur amazon.ca ou itunes et à vous rendre aux concerts dans les petites salles du Trabendo et de la Boule noire…avant qu’ils ne remplissent l’Olympia.

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01 avril 2007

Rencontre avec des art-thérapeutes

   Article pour l'atelier de presse écrite

Susan Baldwin, gravement blessée lors d’un accident de la route, a réussi à s’en sortir grâce à une forme de traitement encore peu connu du grand public. « La musicothérapie m’a aidé à exprimer ma douleur, à soulager mon inconscient », déclare-t-elle.

   Cette femme enthousiaste de 62 ans était venue visiter hier la foire professionnelle organisée par l’Association des art-thérapeutes du Québec (AATQ) au Musée McCord afin de trouver une formation. Maintenant qu’elle est parvenue à se remettre sur pied grâce à l’apprentissage du violon et des tablas, Mme Baldwin a décidé d’entamer des études d’art-thérapie.

   « Mon rêve, c’est d’avoir un diplôme avant mes 70 ans », confie-t-elle, souriante. Sur place, elle a pu discuter de son inscription avec un de ses futurs professeurs, Mme Debbie Carroll, pour le baccalauréat dispensé à l’Université du Québec à Montréal, qui propose une fusion entre la psychothérapie et le perfectionnement musical. Les finissants doivent être des multi-instrumentistes accomplis pour pouvoir s’adapter aux besoins de chaque patient.

   Enfants ou adultes, les malades souffrent généralement d’un traumatisme comme celui subi par Mme Baldwin, ou encore de troubles mentaux ou physiques. « Le jeu musical peut nous révéler beaucoup sur nous-mêmes. Il permet aussi de faire un diagnostic sur l’état d’un patient, selon sa réaction face à l’instrument », explique Mme Carroll.

   Le professeur a ensuite joint l’action à la parole puisqu’elle animait ensuite un atelier de thérapie musicale auquel Mme Baldwin s’est empressé de prendre part. Les sept participants ont joué une mélodie sur un xylophone qu’ils se passaient tour à tour. « On essaie d’accentuer les aspects positifs dans ces moments de partage », expliquait Mme Carroll.

   De son côté, Yasmine Kendaizi, professeur de thérapie par le théâtre, représente l’université de Concordia qui a pour particularité d’être la seule à proposer une maîtrise en art-thérapie. Les étudiants restent en petits nombres, douze chaque année, pour bénéficier d’un encadrement constant. Ils peuvent faire leurs premières armes professionnelles au Centre de Développement Humain par les Arts de Concordia, où les patients participent aux programmes mis en place par les étudiants.

   Face à une demande de plus en plus accrue, l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT) espère ouvrir une maîtrise francophone pour l’automne 2008, en plus de ces programmes qui accueillent déjà 200 étudiants. Cependant, la demande de l’UQAT doit encore obtenir l’approbation du ministère de l’Education alors que les gouvernements canadiens et états-uniens ne reconnaissent toujours pas le métier d’art-thérapeute.

  M. Yvon Lamy, un des pionniers de la profession puisqu’il a fondé le Centre d’Apprentissage Parallèle (CAP) en 1985, déplore la situation. « Les corporations existantes de psychothérapeutes ne veulent pas nous intégrer car ils doutent de la crédibilité de notre démarche », dénonce-t-il. Toutefois, il se réjouit que l’AATQ se batte pour que son activité soit assimilée à une corporation déjà existante en tant que thérapie d’expression.

   Dans l’attente d’une reconnaissance, il continue à aider des personnes qui sortent de l’hôpital avec des troubles psychologiques. Mme Baldwin, qui a bénéficié des programmes du CAP, ne tarit pas d’éloges sur M. Lamy dont elle suit maintenant les pas professionnels.

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25 mars 2007

Article sur la campagne électorale québécoise pour Le Reporter

Les partis politiques partent à l'assaut d'internet

Alors qu’il ne leur reste plus qu’un mois pour convaincre les électeurs avant le 26 mars, les trois grands partis québécois développent le contact avec les électeurs sur leurs sites internet grâce aux technologies multimédia.

Les élections au Québec, déclenchées mercredi dernier par le Premier ministre Jean Charest, sont marquées par l’arrivée d’un nouveau média : Internet. Ainsi, l’opération de séduction de la population vient de s’installer sur les sites Web du Parti Libéral du Québec (PLQ), du Parti Québécois (PQ) et de l’Action Démocratique du Québec (ADQ).

Internet permet ainsi aux partis et à ses électeurs potentiels d’établir un lien direct à chaque instant au travers de blogues, de vidéos et d’enregistrements audio. Le PLQ saisit cette occasion en ponctuant son blogue de vidéos qui mettent en scène tous les ministres de son gouvernement. Chacun récapitule ses réalisations passées et ses souhaits pour l’avenir en s’adressant directement à la caméra, comme s’il se trouvait réellement en face de l’internaute.

L’accueil du site de Mario Dumont utilise le même procédé avec une vidéo qui se déclenche automatiquement. À chaque retour sur la page principale, le visiteur tombe nez à nez avec le chef de l’ADQ en train de critiquer le gouvernement libéral. Toutefois, le multimédia est nettement moins mis à contribution que chez les libéraux : le site se résume presqu’uniquement aux trois vidéos de M. Dumont.

Le passage à la vidéo n’a toutefois pas été concluant pour tous. Selon la Presse, le site bondebarras.tv, autorisé et payé par le PQ depuis la mi-février, a été retiré de la toile à cause de critiques de la Fédération des Femmes du Québec (FFQ). L’objet du litige était une vidéo mettant en scène une femme qui feignait de se plaindre de sa relation avec son conjoint, sous-entendu Jean Charest lui-même. « Un jour, je me suis rendue compte qu’il me mentait. Ça fait quatre ans que ça dure », expliquait la jeune femme.

Le PQ se rattrape sur le média audio en lançant sa propre radio sur le net, « radio PQ ». Un animateur présente les déclarations du chef du parti, André Boisclair, sous la forme d’un bulletin de nouvelles.

Le PLQ et le PQ se servent également des plateformes de discussion qui permettent aux électeurs de laisser leurs commentaires sur le programme des partis ou les messages du blogue. Celui du PLQ se veut accueillant : « Vous êtes donc cordialement et officiellement invités à y participer car après tout, ce sont vos blogues! ».

Le parti libéral, lui, annonce les « règles du jeu » dès l’accueil : le site se réserve le droit de choisir les commentaires mis en ligne afin « d’exclure les propos disgracieux ». Même s’il est stipulé que « les opinions divergentes sont les bienvenues », on ne trouve aucune critique des choix politiques du parti sur un sujet aussi polémique que le dégel des frais de scolarités.

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19 mars 2007

Chronique du nouvel album de Kafka

Kafka - O

Photo non disponible

« Les vrais groupes de rock ne seront jamais célèbres » (surtout en France, serait-on tenté d’ajouter). Cette malédiction s’applique à Kafka, qui vient de sortir un nouvel album sobrement intitulé O.

Les auteurs de cette citation viennent de réaliser le documentaire La route est longue. Ils ont pris le parti d’expliquer ce phénomène injuste en suivant trois jeunes groupes français, dont Kafka, pendant un an et demi. Ces jeunes hommes ont donc pu être les témoins chanceux de la genèse du deuxième album du quartet. La sortie de ce « rockumentaire » est prévue pour juin 2007. A suivre…

Kafka est un groupe d’une intelligence rare, l’opposé du soi-disant renouveau du rock pour parisiens en manque de sensation. Pour preuve, ils ont multiplié les collaborations avec des musiciens talentueux (Bumcello, Manu Eveno de Tryo) et les projets ambitieux (musique pour l’adaptation théâtrale d’un roman d’Albert Camus, concerts en interaction avec le plasticien Claude Lêveque).

Les invités de ce nouvel album s’inscrivent dans la même veine : Nosfell et son camarade violoncelliste Pierre Le Bourgeois. La rencontre musicale a été mûrement réfléchie. Après plusieurs tentatives lors de leurs concerts communs à la Coopérative de mai de Clermont Ferrand, la troupe de musiciens n’a apparemment rien laissé au hasard. Kafka a esquivé le pari risqué de laisser Nosfell introduire son monde dans leur musique : les deux troubadours de Klokochazia officient chacun sur leur morceau respectif.

O, tout comme son prédécesseur éponyme, est un tour de force. Malgré la longueur des titres et l’aspect uniquement instrumental des compositions, Kafka nous emmène dans une promenade mélodique, nous perd dans les morceaux, tant et si bien que le concept de séparation des titres semble superficiel.
Cette odyssée musicale est propice à l’imagination de l’auditeur, qui a tout le loisir de se laisser porter au fil des ambiances.

Kaleidoscope vision 1 démarre toute guitare dehors. Les rythmes varient, l’accent est mis tantôt sur la guitare tantôt sur la basse ou la batterie. Le mixage de l’album a été mis à profit pour donner différentes profondeurs aux sonorités.

Brest nous fait décoller tout en douceur avec la participation du violoncelle de Pierre Le Bourgeois. L’instrument accompagne admirablement les quatre autres, comme s’il remplaçait la ligne de chant. La fin du titre nous plonge dans un univers plus rock, transformé en déluge bruitiste à la sonic youth.

Trauma porte bien son nom puisqu’il pourrait très bien être la bande sonore d’un film dérangeant à la Shining. La rythmique et les guitares sont entêtantes et elles nous plongent dans une torpeur inquiétante pour finir par exploser, puis accélérer.

Les marins ne pouvaient pas résister au chant des sirènes : la comparaison semble facile, mais évidente entre les créatures des mers et les lointaines vocalises de Nosfell. Sa voix bijou habille le début et la fin d’un titre onirique, appelé Siren.

Les membres de Kafka maîtrisent leur technique musicale. Les multiples effets instrumentaux en font acte. Les guitares sont à l’honneur dans le dernier titre Dystopia : on ne peut que s’émerveiller des sons magiques qui sortent des doigts de Clément Peyronnet et de Rémy Aurine-Belloc. Il faut également saluer les talents de la section rythmique assurée par Rémy Faraut à la batterie et Guillaume Mazard à la basse.

Kafka ne sera probablement jamais célèbre…et tant mieux. Ils jouent une musique bien trop géniale et courageuse pour toucher une large part du public français. Leur musique constitue une alternative extraordinaire au fade paysage musical de notre pays. Rien que pour cela, ils méritent votre attention.

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